Tithemarked

De Les Archives Infinies
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Avant-Propos

Et voila la Schattra touche , merci a lui.
Vous pouvez le retrouver ici : https://nebelheim.wordpress.com/

Ou ici : https://www.warhammer-forum.com/index.php?/profile/27242-schattra/

Intrigue:

Tout le monde n'a pas la chance d'être fils unique, ni orphelin. Ainsi songe sombrement Petras, notre héros, tandis qu'il essaie de se soustraire au grand projet que nourrissent pour lui ses chers frères (Grandon et Bron) et père (Gaston? Napoléon? Hachilthalon?), qui consiste à le mettre à contribution pour atteindre le quota d'os demandé par le collecteur Ossiarch Reaper venu démarcher leur village. Ayant déterré tous les cadavres du cimetière, et abréger les souffrances des vieillards, agonisants et enrhumés, sans pour autant remplir l'attaché case du patibulaire revenant, les bouseux se résolvent donc à sacrifier leurs éléments les moins utiles pour le bien de la communauté, et au petit jeu du hachoir musical, Petras se retrouve rapidement shortlisté. Ses vigoureuses dénégations n'y font rien: c'est bien à lui que revient l'honneur de mettre la dernière main, ou plus exactement, le dernier bras, à la collecte de déchets organiques organisée par le Nag'. Au moment où le couperet tombe, il se révèle brutalement, amputé certes, mais depuis un bail: cela fait douze ans que le bras lui en est tombé, et l'enfant mal aimé et chétif est devenu...un jeune homme mal aimé et chétif1.

Les relations avec sa famille ne s'étant guère arrangées depuis ce jour fatidique, Petras a depuis quitté le foyer paternel pour voler de sa propre aile, n'écopant malheureusement pas d'une grande sympathie de la part des ses concitoyens de Shyish. Et pour cause, ces derniers le considèrent comme un porte-malheur, lié à jamais aux terribles Ossiarch Reapers par sa manche vide, et ne lui réserve donc pas le meilleur accueil. Malgré cela, Petras tient le coup car il a un but et un rêve: se faire poser une prothèse. Il connaît même l'artisan idéal pour cette opération, un forgeron prodige nommé Helstane, vers l'atelier duquel il se dirige avec toutes ses économies. Croisant sur la route un marchand, qui a lui aussi bénéficié de la science du prothésiste (il a pris sa jambe à son coût), il apprend toutefois de la bouche du colporteur qu'Helstane est loin d'être conventionné, et que ses services ne sont pas donnés. Souhaitant malgré tout tenter sa chance, Petras arrive enfin jusqu'à la forge de son potentiel sauveur... qui lui sort un gros doigt2 pour sa peine. Flûtcke. Le désespoir de notre héros arrive toutefois à émouvoir quelque peu le bourru et pingre Helstane, qui promet à son visiteur d'accéder sa requête et de lui forger un membre - en tout bien tout honneur -, s'il se met à son service sans rechigner, et pour une durée indéterminée. Ce que Petras accepte.

Après un an, un mois et une semaine de durs labeurs, de bastonnades régulières et de café dégueulasse (c'est le pire), Petras demande gentiment à son boss quand est-ce qu'il prévoit de lui passer la main (et le reste, tant qu'à faire), provoquant une nouveau geste mal élevé impliquant un doigt de la part du maître artisan. Ce dernier informe en effet sa bonniche qu'il n'a cotisé que pour l'équivalent d'un doigt, ce qui revient dire qu'il a travaillé à l'œil. Mondes cruels que ces Royaumes Mortels, où le fléau de l'esclavage moderne est tout aussi présent que dans le nôtre. Sauf qu'au lieu de confisquer les papiers des travailleurs, on leur refuse leur ferraille. Inacceptable. Bref, Petras en a gros, et commence à désespérer d'être jamais appareillé, ce qui explique en partie pourquoi, lorsque son patron envoie paître un ferrailleur de grands chemins lui ayant proposé d'acheter un bras d'Ossiarch Reaper, après avoir échoué à lui refourguer un plastron bosselé, l'infirme suit discrètement le vendeur éconduit, et lui subtilise son bien à la faveur de la nuit...

...Fasciné par l'objet, qu'il garde en secret dans sa paillasse, Petras finit par réaliser son fantasme en "essayant" la camelote, ce qui fonctionne... mais surtout pour le reste d'animus complètement dément prisonnier à l'intérieur du triquetrum (dont on ne parle pas assez à mon goût) enchanté. Cette greffe instantanée a des conséquences fâcheuses pour Petras, dont le nouveau bras gauche, pour habile et fort qu'il soit, n'en fait qu'à sa tête - ce qui est conceptuellement compliqué pour un bras -, mais plus encore pour Helstane, dont l'imposante carrure tape dans l'œil dudit bras (restez concentrés), et qui finit donc sa carrière sous les coups de son propre marteau, confisqué par son boy possédé. Il l'avait un peu cherché tout de même. Ce n'est que le début d'un parcours sanglant et psychotique pour Petras, qui retourne à son village pour régler ses comptes avec ses proches, sous l'emprise du membre maudit. En plus de commettre de massacrer et de désosser les malheureux croisant sa route (ses frères, leurs familles, les voisins, la boulangère...), puis d'aller déterrer le cadavre de son père pour se faire un bonnet avec son crâne, Petras, devenu complètement barge, se cloue les meilleurs morceaux de ses victimes sur le corps, dans une tentative valeureuse mais malheureuse de cosplay Ossiarch Reaper. Malheureuse car, au moment de se présenter devant ses pairs, dans la forteresse hantée la plus proche, l'apprenti Squelettor se fait déposséder de son calcium par les factotums de garde, qui ne laissent que ses corps mous et son âme devant l'entrée. C'est ce qui s'appelle tomber sur un os.

1: En fait cette histoire, c'est 'Cendrillon' qui rencontre 'Saw'. Moignillon.

2: En anglais on dit 'he gave him the finger', ce qui marche tout aussi bien.

Avis:

Sheil signe une nouvelle très convaincante avec ce Tithemarked, qui parvient à marier efficacement deux types d'horreur: celle, psychologique, provoquée par la mise en scène de la déchéance morale inévitable d'un héros pathétique, qui finit par commettre l'irréparable dans la poursuite d'un objectif justifié, mais inatteignable (un peu comme Carrie dans le film du même nom), et une bonne dose de gore allant crescendo dans le sanguinolent et le macabre, ce qui fait toujours plaisir aux amateurs du genre. En outre, sa vision et description des Ossiarch Reapers, la nouvelle faction des Royaumes Mortels, sont plutôt réussies, et parviennent à donner de la profondeur (pas totalement négative, qui plus est) aux petits soldats de Nagash. Bref, une franche réussite à mettre à l'actif de ce rookie, qui je l'espère aura l'occasion de remettre le couvert dans les mois à venir.