The Shadow of the Beast

De Les Archives Infinies
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Avant-Propos

Et voila la Schattra touche , merci a lui.
Vous pouvez le retrouver ici : https://nebelheim.wordpress.com/

Ou ici : https://www.warhammer-forum.com/index.php?/profile/27242-schattra/

Intrigue:

Le récit s’ouvre sur la description de notre héros, le Réclusiarque Hornindal (que je ne vois aucune raison valable de ne pas désigner sous le nom d’Horny à partir de maintenant), plongé dans la contemplation du Warp sur le pont d’observation du Xenophon. Le romantique indéniable de cette scène se retrouve toutefois rapidement battu en brèche par l’auteur lui-même, les velux du fier destroyer impérial étant obstrué par la couche protectrice d’adamantium réglementaire et le bon Chapelain ayant de toute manière les yeux fermés. Dans la même veine de dialectique épique/réaliste, Goulding révèle qu’Horny s’est rendu sur place pour être le témoin de l’avancée du vaisseau.... sauf que les voyages dans le Warp ne sont pas régis par les mêmes lois que ceux prenant place dans le monde réel, et qu’il est donc aussi probable que notre héros ait l’impression que son pousse-pousse pédale dans la choucroute (peut-être au sens littéral, tout est possible dans l’Immatérium) ou fasse marche arrière qu’il le contemple filer à travers… heu… la choucroute, comme il l’espérait. Et cela sans prendre en compte qu’il n’y a rien à voir, et qu’il ne regarde même pas en fait. Cette scène d’exposition, un peu étrange au vu des standards de la BL en matière, se termine par le décès inopiné du Navigateur du Xenophon, forçant ce dernier à réaliser une transition Warp en catastrophe, qui le fait se matérialiser au beau milieu d’une vrille de la flotte ruche Kraken. Oups.

La suite de la nouvelle verra le Xenophon engager une partie de Flappy Bird en mode hardcore contre les myriades d’organismes tyranides zonant dans les parages, la perdre sur le score honorable 53 et devoir organiser une pyjama party avec quelques centaines de gaunts et au moins un Carnifex en punition. Mauvais joueurs, les Scythes préfèreront toutefois passer du côté obscur du champ de force gravitationnel du planétoïde le plus proche plutôt que de laisser leurs nouveaux potes dévaliser leur frigo et ruiner leurs toilettes (ou peut-être est-ce l’inverse, c’est dur à dire avec les xenos). La nouvelle se termine donc sur 1) le crash du Xenophon sur la très justement nommée planète Tumbus (s’écraser comme une grosse bouse en Haut Gothique) et 2) un constat d’échec pour Horny, dont l’avertissement émis à l’attention du reste de l’Imperium quant à la présence d’une flotte ruche dans un secteur non défendu de ce dernier n’a visiblement pas percé les terra watts de dubstep crachés par le vaisseau mère tyty1. On ne peut pas gagner à tous les coups.

1: Quand on sait que les symptômes de l’Ombre dans le Warp sont un malaise persistant, des cauchemars répétés, de fortes migraines, des crises de hurlements, des saignements oculaires et, dans les cas les plus extrêmes, des épisodes de coma profond pour les individus les plus sensibles, je me dis que ça colle parfaitement avec une exposition prolongée avec ce genre de musique.

Avis:

Si The Shadow of the Beast marque clairement une progression de Laurie Goulding par rapport à sa première, et assez peu concluante, soumission (The Oberwald Ripper), le propos reste encore perfectible, tant sur le fond que sur la forme.

Pour commencer par la « remontrance » la plus légère, je n’ai pas perçu chez l’auteur une grande maîtrise des archétypes utilisés dans sa nouvelle, à savoir l’histoire de Marines d’une part et le combat spatial d’autre part. Côté casting, Goulding pêche étonnamment plus sur les caractéristiques générales d’un SM que sur les particularismes du chapitre qu’il met sur le devant de la scène (dont le background n’était, il faut dire, pas aussi strictement défini que celui d’autres confréries de surhommes génétiquement modifiés). Sans sombrer dans des errements comparables à ceux de Jonathan Green dans son édifiant Salvation, Goulding arrive tout de même à donner à ses héros des faiblesses trop humaines, qu’il s’agisse du besoin d’Horny de constater la vitesse de progression du Xenophon dans l’Immaterium (bien que l’auteur reconnaisse lui-même que cela va à l’encontre de toute logique) ou encore des effets débilitants du manque de sommeil sur ce dernier (et le nodule cataleptique, c’est pour les kroots ?). Citons aussi les réflexions no-brain de l’autre Chapelain de l’histoire, une sombre brute dénommée Demetrios, qui ne trouve rien de plus intelligent que de proposer d’ouvrir le feu sur les organismes « minés » qui entourent la flotte ruche alors que le Xenophon fait du pare-chocs à pare-chocs avec les méduses de l’espace. Une agressivité débordante et un zèle sans faille ont beau faire partie des qualités recherchées pour ce type de poste, j’ai du mal à imaginer un des meilleurs de l’Empereur faire une suggestion aussi débile1 à l’aube de la seconde guerre tyranique.

Côté action, et sans prétendre être un expert dans le domaine, j’ai trouvé assez peu crédible la manière dont l’auteur dépeignait l’affrontement entre le vaisseau impérial et ses innombrables adversaires. Là encore, ce n’est pas du côté des spécificités tactiques, techniques ou physiques de chaque camp que le bât blesse, mais bien au niveau de la mise en scène du combat. Goulding ne sépare ainsi ses belligérants que de quelques centaines de mètres (trois cent mètres pour être exact), ce qui correspond littéralement à un corps à corps à l’échelle d’une bataille spatiale, où la bordée tirée à une dizaine de milliers de kilomètres de sa cible est la norme (merci à Gavin Thorpe d’avoir crédibilisé cet aspect important de l’univers de 40K grâce à Battlefleet Gothic et ses propres textes de fiction). On va dire que je pinaille, mais Laurie Goulding est depuis passé éditeur au sein de la BL, ce qui fait de lui le garant du fluff de GW, surtout depuis la disparition du poste de « Maître du Savoir » il y a quelques années. Partant, il n’est guère rassurant de constater qu’un poste aussi important au sein de la BL lui ait été confié malgré ces lacunes assez sévères… J’espère qu’il les a comblées depuis.

Cependant, le point le plus litigieux de The Shadow of the Beast reste pour moi sa construction, qui l’apparente davantage à un chapitre de roman qu’à une nouvelle one-shot. Qu’il s’agisse de l’important travail de contextualisation du retour du Xenophon vers la planète chapitrale des SotE effectué par Goulding au début du texte, du nombre relativement important de protagonistes (6) au vu de la longueur de ce dernier, ou de la conclusion qui laisse planer un vieux doute quant à l’envoi de la mixtape d’Hornindal au reste de l’Imperium, tout laisse à penser que les évènements couverts dans The Shadow… s’inscrivent dans un axe narratif bien plus important (au hasard, la lutte des Scythes of the Emperor contre la flotte ruche Kraken), ce qui, après vérification de la part de votre serviteur, ne semble pas être le cas2 . Même si je suis le premier à apprécier les nouvelles dans lesquelles les héroïques Space Marines se font botter les fesses, le positionnement maladroit de celle-ci est venu gâcher le plaisir de lecture, et relègue donc The Shadow… loin derrière The Long Games at Carcharias de Rob Sanders, qui reste à mes yeux la soumission la plus intéressante dans la catégorie « et à la fin, les méchants gagnent » de Hammer & Bolter.

1 : Le faquin se fait d’ailleurs remettre à sa place fissa par le commandant du Xenophon, peu enclin à démontrer par l’exemple qu’il vaut mieux ne pas shooter dans un paquet de claque-doigts au milieu d’une colonie de grands crapauds aboyeurs de Catachan.

2 : Les passionnés noteront tout de même que le triste destin des Faux de Pépé est partiellement couvert dans une série de nouvelles, dont trois signées du même Goulding. La plus récente du lot (Reclamation) ayant été publiée dans une anthologie consacrée aux chapitres SM renégats et chaotiques (Renegades of the Dark Millennium – 2014), il serait logique d’en conclure que les Scythes sont définitivement passés du côté obscur.

Fluff:

Scythes of the Emperor (Personnages nommés): Le dernier Maître du Chapitre des Scythes était un certain Thorcyra. Le premier Chapelain du chapitre s’appelait Segas, ses os reposent sur le monde d’Egottha.

Scythes of the Emperor (Domaine): Le monde chapitral des Scythes est Sotha. Le Chapitre dirige un petit empire, à l'image des Ultramarines.

Scythes of the Emperor (Rites de bataille): Le cri de bataille du Chapitre est: "For Sotha! For the Emperor!" Salut traditionnel des Scythes: Poing droit fermé sur le cœur principal, puis mouvement de faux du bras.

Space Marines (Physionomie): Les Space Marines exsudent une forte odeur d’hormones et de transpiration, qui leur colle à la peau même s’ils se lavent souvent.

Tyranides (Flotte Ruche): Les vaisseaux tyranides nagent dans l’espace plutôt qu’ils ne naviguent. Ils sont assez agiles pour éviter les bordées ennemies et intercepter celles destinées à des vaisseaux plus importants.