The red Hours
Par Gilian
Avant-propos
En 2018, la Black Library a l’idée de lancer une série de romans courts afin d’attirer un nouveau public. Ce seront les Novella Series 1, 2 puis 3 : trois années consécutives de courts romans, chacun présentant une faction ou un thème de l’univers.
C’est dans ce cadre qu’Evan Dicken a écrit Les Heures rouges. L’auteur s’est fait une spécialité des histoires se déroulant dans les Royaumes Mortels, et plus particulièrement dans le royaume du Métal, Chamon. Nous allons voir ce que cela donne.
L’histoire du livre
Aux extrêmes confins de Chamon se trouve un avant-poste solitaire : le Tombeau des Héros. Cette ancienne forteresse n’est désormais guère plus qu’une geôle à peine déguisée pour les soldats que les armées de Sigmar préfèrent oublier.
Cette oubliette accueille Byrun Hess, capitaine en disgrâce des forces de Sigmar, relégué à ce poste perdu au sein d’une garnison minuscule, composée d’insoumis, voire de quasi-hérétiques. Alors que Hess tente d’y instaurer un semblant de discipline, l’une des brutales tempêtes d’éclats de Chamon rend toutes ses préoccupations secondaires : il n’est plus question que de survivre.
Les choses empirent lorsque le responsable de la garnison est sauvagement assassiné d’une manière qui suggère quelque ignoble sorcellerie, tandis que les survivants commencent à s’accuser mutuellement du crime. Ne sachant plus à qui se fier, Hess s’inquiète d’autant plus qu’une ancienne crypte vient d’être mise au jour à flanc de montagne. Celle-ci renfermait une force surnaturelle d’un genre que les mortels présents n’avaient encore jamais rencontré.
L’histoire avec un grand H
Le capitaine Byrun Hess est conduit vers sa nouvelle affectation, dans un donjon perdu aux confins de Chamon. Ce n’est pas une promotion, mais une sanction : il aurait dû être condamné à mort, mais c’est un noble et un ancien héros de l’armée. Ses supérieurs ont donc préféré l’envoyer en exil.
Son escorte profite de la situation pour le malmener et l’humilier. Sur la route, il rencontre Flynn et Thystra, deux gardes du Tombeau des Héros, le lieu de sa nouvelle affectation, venus prendre la relève.
L’escorte, qui veut continuer à torturer Hess encore un peu, refuse de le leur confier. Un combat éclate alors, et les deux gardes n’ont aucun mal à se débarrasser de ces jeunes conscrits.
Après avoir libéré Hess, ils le conduisent au fort afin qu’il rencontre la commandante des lieux.
En arrivant, Hess se fait la réflexion que le fort porte bien son nom de Tombeau des Héros : le lieu est sinistre, et l’atmosphère y est lourde.
Sur le chemin qui le mène au bureau de la commandante Sophia Altenbach, il rencontre les deux autres membres de la garde du fort, en pleine dispute : une prêtresse de Sigmar du nom de Schmidt, et un duardin nommé Hanar.
La rencontre avec la commandante surprend Hess. Il s’attendait à trouver une vieille militaire endurcie, mais découvre une aristocrate artiste exilée, entourée de peintures, de sculptures et d’objets raffinés. Altenbach appartenait autrefois à la haute société d’Azyrheim, mais ses œuvres ont été condamnées par l’Ordre d’Azyr. Elle aurait dû être exécutée, mais, comme Hess, elle était trop connue et sa famille trop influente pour cela. Elle a donc été exilée ici.
Elle lui explique qu’il n’a aucune chance d’être pardonné, et que son affectation sera définitive, comme pour toutes les personnes encore présentes ici. Ils ne sont plus que cinq, la garnison ne recevant plus jamais de renforts depuis que la région est redevenue calme.
Alors qu’il passe sa première nuit au fort, Hess est réveillé par un vacarme terrible. En sortant de sa chambre, il croise Thystra, qui lui apprend qu’une tempête d’éclats frappe la forteresse et que tout le monde doit se réfugier dans les sous-sols.
Arrivés dans l’armurerie, la pièce la mieux protégée du fort, ils trouvent Schmidt et Hanar encore en train de se quereller. La commandante Altenbach arrive juste après, mais il n’y a aucune trace de Flynn. Il était de garde sur les murs au moment où la tempête s’est levée et n’a sûrement pas eu le temps de traverser la cour.
Altenbach décide d’aller le chercher, et Hess se porte volontaire pour l’aider : il doit la vie à Flynn. Tous deux s’équipent d’armures lourdes et de boucliers, puis partent à sa recherche afin de le ramener à l’abri.
De retour dans l’armurerie, ils trouvent Schmidt et Hanar à deux doigts d’en venir aux mains, continuant à s’invectiver. Hess arrive juste à temps pour les empêcher de se battre, et Altenbach ordonne qu’ils soient mis aux arrêts dans leurs quartiers, avant de partir elle-même s’enfermer dans son bureau. Elle laisse Hess seul avec Thystra, occupée à soigner Flynn.
Alors qu’ils commencent à parler de leurs histoires respectives, Hess comprend peu à peu qu’ils ont tous un lourd passé, plus ou moins honteux, et que l’ambiance au Tombeau des Héros est loin d’être sereine. Mais alors qu’il comptait en apprendre davantage, la porte de l’armurerie s’ouvre, et une Stormcast Eternal grièvement blessée entre dans la salle. Elle a juste le temps de se présenter : Eris Vivelarme, Chevalier-Azyros du Maelstrom de Lumière, avant de sombrer dans le coma.
Laissant Thystra voir si elle peut soigner Eris, Hess part prévenir Altenbach de l’arrivée de la Stormcast. Mais il découvre une scène d’horreur : du sang partout, et Altenbach morte, la gorge tranchée.
Il retourne auprès de Flynn et Thystra pour leur raconter ce qu’il a vu, puis leur ordonne d’aller chercher Schmidt, tandis que lui-même part trouver Hanar.
Il découvre Hanar à la forge, en train de façonner une pièce de métal. Il a passé toute la nuit à travailler dessus. Quand Hess lui annonce la mort d’Altenbach, le duardin se montre surpris et soupçonne immédiatement Schmidt, ce qui va dans le sens des déductions de Hess : le forgeron n’a pas pu quitter la forge de la nuit.
De leur côté, Flynn et Thystra n’ont pas réussi à trouver Schmidt, ce qui aggrave son cas. Ils décident de retourner dans le bureau d’Altenbach pour voir s’ils peuvent y trouver d’autres indices. Alors qu’ils sont sur les lieux, Schmidt se présente à la porte. Elle est rapidement attachée afin de l’empêcher de fuir, puis interrogée par Hess.
Elle nie avoir tué la commandante, mais reconnaît n’avoir aucun alibi : elle était seule dans la cour, en train de prier.
Hess, qui se retrouve à diriger le fort, décide d’enfermer Schmidt en cellule en attendant d’en savoir plus. Il ordonne aussi à Thystra de préparer une monture afin de rejoindre le fort le plus proche et d’aller chercher des renforts.
Hess commence alors à se dire qu’il a peut-être trouvé un moyen de regagner son honneur. Le fort est sans commandante, Eris est blessée, et une menace plane sur les lieux. S’il parvient à gérer cette crise, il pourrait retrouver sa place dans l’armée.
Après quelques heures de sommeil, et une fois la tempête terminée, Hess retourne auprès de Thystra, qui continue à essayer de soigner Eris. Elle lui annonce que cela dépasse ses capacités. Hess décide donc de la faire partir sur-le-champ chercher de l’aide, et Thystra se dirige vers les écuries.
Alors qu’il fait le tour du fort pour constater les dégâts en compagnie de Flynn, Hess entend un cri venant des écuries. Tous deux s’y précipitent et découvrent Thystra, tétanisée devant une scène d’horreur : toutes les montures ont été nettement décapitées.
Cela ne peut pas être Schmidt, toujours enfermée dans sa cellule. Ils décident donc tous les trois de rendre visite à Hanar pour lui demander des comptes. Ils le retrouvent aux forges, en train de travailler et de parler à quelqu’un. Mais lorsqu’ils entrent dans la pièce, ils comprennent qu’il parle seul.
Hanar est devenu fou. Il les attaque, confondant le passé et le présent, tout en tenant des propos incohérents.
Le combat qui suit est brutal. Hess et Flynn luttent ensemble, mais l’armure du duardin résiste à presque tous leurs coups. Thystra, figée par la peur, finit par fuir, au désespoir de Hess.
Flynn est tué, et Hanar est sur le point d’abattre Hess lorsque Thystra revient, équipée de sa grande hache à deux mains. Elle parvient à endommager l’armure de Hanar et finit par le tuer.
Devant le cadavre de Flynn, Thystra s’effondre, se reprochant de ne pas être revenue assez vite.
Hess décide alors d’aller libérer Schmidt, maintenant que Hanar est mort et qu’il semble évident qu’il était le coupable. Il l’amène voir le corps du duardin, et Schmidt constate qu’il a gravé des symboles du Chaos sur son armure. Elle retrouve les mêmes symboles tracés avec le sang d’Altenbach dans son bureau.
Hess comprend que la tempête a peut-être apporté quelque chose avec elle, ou bien libéré une chose déjà présente. Il décide donc d’interroger la Stormcast. Alors qu’ils se dirigent vers elle, ils découvrent une fissure nouvellement formée dans l’un des murs du fort, donnant sur une partie jusque-là murée.
Changement de programme : n’ayant aucune solution pour réveiller Eris, ils décident d’explorer cette section du fort récemment révélée.
En s’enfonçant dans les couloirs, le malaise s’installe. L’atmosphère devient oppressante. Les murs sont couverts de fresques datant de l’Âge des Mythes. En les examinant, Schmidt reconnaît des sceaux gardiens. Elle comprend que ces derniers devaient retenir quelque chose prisonnier ici, et que cette chose s’est évadée.
Ils décident de quitter au plus vite cet endroit maudit et de réveiller Eris coûte que coûte.
De retour au chevet d’Eris, ils se rendent compte qu’elle guérit de ses blessures, mais pas assez vite. Thystra propose de la droguer pour la réveiller. Même si cela ne la soignera pas, cela leur permettra au moins d’obtenir des réponses. Schmidt proteste, mais finit par accepter : c’est leur seule solution.
Eris se réveille brusquement, demandant où elle se trouve. Hess lui explique la situation et lui demande de l’aide. Elle est trop faible pour les assister et refuse d’abord de leur expliquer ce qu’ils affrontent, leur disant que la mort est préférable à une connaissance maudite.
Hess finit par la convaincre de parler : si l’ennemi est aussi puissant qu’elle le laisse entendre, ils sont déjà morts, de toute façon. En savoir plus ne changera donc rien.
Ils affrontent Fabula Invicta, une ancienne alliée de Sigmar. Elle a combattu à ses côtés contre le Chaos avant de le trahir par jalousie. Elle a été vaincue et enfermée dans le Tombeau des Héros. La forteresse servait en réalité de prison, et seule une poignée de Stormcast connaissait son existence. Eris était venue vérifier que les sceaux tenaient toujours.
Mais le démon était déjà libéré à son arrivée. Il est insidieux et influence les actions des gens. Il faut donc se méfier de tout.
Après ces révélations, Eris retombe dans le coma.
Thystra propose alors de tuer Eris pour la renvoyer à Azyr, ce qui déclenche une altercation avec Schmidt. La prêtresse ne veut pas assister à ce blasphème, mais Thystra explique sa position : Eris va mourir de toute façon, soit maintenant, soit dans quelques jours, après une longue agonie. Si elle meurt tout de suite et retourne à Azyr, elle pourra revenir avec des renforts avant qu’il ne soit trop tard.
Hess et Schmidt finissent par se rallier à son raisonnement et laissent Thystra la décapiter.
C’est à ce moment-là que Hess comprend qu’il a commis une erreur. Thystra vient de décapiter la Stormcast d’un seul coup de hache. Il y a du sang partout, mais pas sur elle. Elle possède une telle maîtrise de son art qu’elle n’est pas couverte de sang… exactement comme dans les écuries, avec les montures mortes.
Les trois survivants commencent alors à comprendre qu’ils sont tous aussi suspects les uns que les autres. Hess émet l’idée que c’est précisément ce que veut le démon : les monter les uns contre les autres.
C’est alors que le démon se dévoile enfin, riant et applaudissant Hess pour son raisonnement à moitié exact. Fabula Invicta tente de les corrompre un à un en leur proposant ce qu’ils ont toujours voulu. Mais, dans un dernier sursaut de dignité, Hess refuse et ramène Schmidt et Thystra à la raison. Le démon décide alors de les tuer.
Le combat est long et inégal. Comme le démon ne peut être véritablement vaincu, Hess pense que le mieux qu’ils puissent faire est de détruire son enveloppe charnelle. Alors qu’ils sont poursuivis dans tout le fort, les trois survivants décident de lui tendre un piège en faisant sauter la réserve de poudre. L’explosion les tuera en même temps que le démon, mais au moins celui-ci sera renvoyé dans le néant.
Thystra est la première à mourir. Il ne reste alors plus que Hess pour faire sauter la poudre, et Schmidt pour réparer le dernier sceau afin d’enfermer l’âme, ou l’esprit, du démon.
La poudre explose, et le Tombeau des Héros n’est plus qu’un champ de ruines. Mais, miraculeusement, Hess et Schmidt survivent.
Hess et Schmidt discutent de la chance qu’ils ont eue de s’en sortir, ainsi que de la perte de leurs amis. Hess se prend à rêver de réhabilitation et d’honneurs. La mort du démon obligera le haut commandement à le réhabiliter et à lui rendre ses titres. Il remarque que Schmidt pourrait elle aussi être réhabilitée par son ordre.
Schmidt rit à cette idée. Pour que leur exploit soit reconnu, il faudrait déjà qu’ils soient déclarés vierges de toute corruption, et non exécutés par mesure de sécurité. Quelqu’un a forcément tué Altenbach pour se servir de son sang afin de lier le démon à la statue. Or l’Ordre d’Azyr n’est pas réputé pour s’embarrasser de questions d’éthique : il les fera sûrement tuer tous les deux.
Hess comprend alors que, s’ils survivent tous les deux et que Schmidt parle ils seront exécutés. Profitant des blessures de Schmidt, il la tue.
Quand les Stormcast arrivent, Hess leur dit qu’il a vaincu le démon.
Il est le héros de cette histoire…
Personnages
Byrun Hess Le héros de l’histoire est un ancien capitaine déchu. Il reste cependant un noble orgueilleux, humilié par sa disgrâce, mais encore très attaché à l’image qu’il se fait de lui-même.
C’est son arrivée qui déclenche les événements au Tombeau des Héros. Contrairement aux autres personnes affectées à ce fort perdu au milieu de nulle part, il n’est pas totalement brisé, et il lui reste l’espoir de retrouver sa position et ses privilèges. C’est ce qui va pousser le démon à agir.
On sait qu’il a été démis de ses fonctions après avoir combattu l’armée d’un puissant sorcier de Tzeentch. D’après son récit, son régiment est tombé dans un piège et a été presque entièrement détruit. Il a toutefois réussi à vaincre le sorcier adverse. Il est marqué par la perte de ses hommes, et souffre d’une phobie du feu depuis que le sorcier a déchaîné des flammes sur ses troupes.
La réalité est un peu différente : il a fait charger son régiment droit sur les positions ennemies pour tuer le sorcier adverse, sans se soucier des pertes potentielles. Il voulait la gloire de remporter la bataille, et a sacrifié ses hommes pour cela.
Il est donc démis de ses fonctions et mis au placard. Arrivé au Tombeau des Héros, confronté aux événements qui s’y produisent et à la mort de sa supérieure, il endosse le rôle de chef et prend les choses en main.
Petit à petit, on se rend compte qu’il est sous l’influence du démon. Mais lorsqu’il s’en rend compte lui-même, il essaie de le combattre et, à la fin, pense même l’avoir vaincu.
On comprend pourtant bien qu’il s’est fait avoir et que, même détruit physiquement, le démon a gagné : il a réussi à le corrompre.
Même s’il est le seul survivant et qu’il pense pouvoir tromper les Stormcast, je pense qu’il se fera exécuter après la fin de l’histoire.
Flynn C’est un autochtone de Chamon affecté au fort. C’est un homme simple, toujours de bonne humeur et amical avec tout le monde. Il n’a pas d’ambition, et c’est sûrement le seul, parmi tous les personnages, à ne pas être sous l’influence du démon.
Il devient rapidement l’ami de Hess, et sa mort va être ressentie douloureusement par ce dernier.
Sa mort laisse quand même supposer que le démon s’est servi de lui, ce qui sera confirmé par la suite. Par son ultime sacrifice, il devient un héros : l’homme du rang, loyal, qui donne sa vie pour sauver ses compagnons.
Thystra Comme toutes les personnes affectées au Tombeau des Héros, Thystra porte un lourd passé.
Elle faisait partie d’une compagnie de Lions Errants, des guerriers elfes des Cités Libres spécialisés dans les escarmouches et les incursions en territoire ennemi. Toute sa compagnie a été capturée, torturée et massacrée par des cultistes de Khorne après être tombée dans une embuscade. Elle a dû se cacher pendant des jours, en entendant les cris de ses amis.
Depuis, elle est brisée et souffre d’une phobie du sang.
Malgré ses problèmes psychologiques, elle reste une alliée fiable de Hess. Du moins jusqu’à ce qu’il comprenne qu’elle aussi est sous l’emprise du démon, et qu’elle a massacré les montures pour les empêcher d’aller chercher des renforts.
C’est elle qui a l’idée de tuer la Stormcast pour renvoyer son âme en Azyr et lui permettre de revenir plus vite avec des renforts. En réalité, elle fait cette proposition pour laisser le champ libre au démon.
Lors de la confrontation contre le démon, elle donne l’impression de reprendre le dessus et se bat aux côtés de Hess.
Mais quand ce dernier donne l’ordre de se replier, Thystra reste en arrière pour retenir le démon et laisser à ses compagnons le temps de fuir.
Son dernier acte est donc un sacrifice héroïque pour sauver ses compagnons.
Valdemar Schmidt C’est une prêtresse de Sigmar, profondément croyante et agressive dès qu’on remet en cause son culte. Au début, on a du mal à comprendre comment elle a pu se retrouver ici : elle ne semble pas avoir de fardeau particulier à porter.
On comprend par la suite que c’est sa dévotion qui a provoqué sa chute.
Avant d’être prêtresse de Sigmar, elle vivait dans un petit village d’une région reculée, qui n’avait jamais cessé de vénérer Sigmar, même pendant l’Ère du Chaos. Mais avec l’avènement de l’Âge de Sigmar, toutes les vieilles cultures et les anciens cultes sont peu à peu remplacés par la nouvelle foi, suivie de près par l’Ordre d’Azyr, qui élimine la moindre variation du culte principal.
Elle a donc été bannie et envoyée au Tombeau des Héros, où elle a beaucoup de mal à supporter ses collègues.
Elle aussi est sous l’influence du démon, comme tous les autres, et tout laisse penser que c’est elle qui a tué la commandante Sophia Altenbach.
Elle n’a aucun souvenir du moment où cela s’est passé. Elle pensait être en prière dans le sanctuaire de Sigmar, mais elle ne s’en souvient pas vraiment.
C’est sa formation à la prêtrise qui va lui permettre de remarquer les marques démoniaques, et c’est sa foi en Sigmar qui va lui permettre de surmonter les épreuves. Elle sera décisive dans la destruction du corps du démon et dans l’emprisonnement de son « âme ».
Mais ce sont ses doutes qui vont causer sa perte. Elle est bien consciente que détruire le corps du démon ne le prive pas forcément de son emprise, et Hess a peur qu’elle ne parle de ses doutes devant les Stormcast. Craignant qu’ils soient exécutés préventivement, il va donc la tuer avant leur arrivée, juste après la « mort » du démon.
Hanar C’est un duardin amer, renfrogné et grognon. C’est un artisan de qualité, et il porte lui aussi un lourd fardeau.
Alors qu’il était au service de son roi, son ami et apprenti le plus prometteur a un jour volé l’une de ses créations et l’a présentée comme la sienne, usurpant ainsi sa place.
Hanar est rongé par la haine et la rancune. Il s’est laissé dominer par ces sentiments pendant des années, et le démon en a profité pour accentuer sa haine des Sigmarites et de Sigmar lui-même, qui utilise l’art des forgerons nains pour ses Stormcast. C’est ce qui explique en grande partie son inimitié avec Valdemar Schmidt.
Il va essayer de tuer Hess et ses amis, Flynn et Thystra. Il sera finalement tué par Thystra, mais seulement après avoir tué Flynn.
Sophia Altenbach C’est la commandante du fort lorsque Hess arrive. Elle aussi faisait partie de la noblesse, et a été envoyée ici à cause de ses œuvres controversées. On y voyait souvent Sigmar triompher sur un champ de ruines et de cadavres.
C’est sûrement la personne qui est le plus sous l’emprise du démon au moment où Hess arrive à la forteresse. Elle a continué à sculpter et à peindre, et les visages représentés dans ses œuvres évoquent le démon.
Hess voit en elle ce qu’il risque de devenir s’il reste trop longtemps ici, et cela le dérange. D’autant plus qu’elle a fini par se faire une raison et ne pense plus jamais pouvoir revenir de son exil.
C’est sa mort qui déclenche pleinement les événements.
Valdemar Schmidt est soupçonnée de l’avoir tuée et, jusqu’au bout de l’histoire, on se demandera si c’est bien le cas. Même Schmidt n’est pas sûre d’être innocente.
Mais il existe une autre possibilité : Byrun Hess pourrait être l’assassin. Après tout, c’est lui qui découvre le cadavre, et il est couvert de sang.
C’est également la mort de Sophia Altenbach qui permet à Hess de devenir le chef de la garnison.
Eris Vivelarme C’est une Stormcast qui a notamment pour mission de veiller à ce que l’esprit, ou l’âme, du démon reste enfermé. Elle venait vérifier que les sceaux tenaient toujours au moment où le démon s’est échappé, et a été grièvement blessée.
Au départ, elle ne veut pas parler du démon à Hess et aux autres. Selon elle, il vaut mieux mourir dans l’ignorance que connaître la vérité. Mais elle se laisse finalement convaincre par Hess de tout leur raconter.
Elle précise bien que le simple fait de savoir que le démon existe les condamne à mort. Le démon n’a pas besoin d’une existence propre dans le materium : il lui suffit d’exister dans les souvenirs ou l’esprit des gens.
Sur une idée de Thystra, ils vont abréger les souffrances d’Eris. Tuer une Stormcast la renvoie se faire reforger en Azyr, ce qui lui permettra de revenir avec des renforts.
C’est peut-être le seul point faible du scénario : à la fin de l’histoire, quand les Stormcast arrivent, ils ont forcément été alertés par Eris après son reforgage. Dans ce cas, je ne vois pas comment ils peuvent laisser Hess vivre.
Fabula Invicta / le démon Fabula Invicta était une alliée de Sigmar du temps de la première guerre contre le Chaos, à la fin de l’Âge des Légendes. C’était une sorte de déesse capable d’influer sur les sentiments des gens et sur leur destinée. Elle fabriquait des héros qui combattaient pour elle. Mais aucun d’eux n’avait la puissance de Sigmar, et sa jalousie a fini par la faire se retourner contre lui.
Elle est devenue une puissante démone de Slaanesh.
Ce n’est pas un démon ordinaire. Elle ne se contente pas de tuer ou de massacrer : elle renforce les ambitions, transforme les êtres en héros d’un récit maudit, et se nourrit de la mémoire, des histoires et de la gloire attachées à ceux-ci. Elle ne peut donc pas vraiment être tuée, et le seul moyen de la vaincre est de la condamner à l’oubli.
Même enfermée dans le Tombeau des Héros, elle exerce une influence sur les personnes qui montent la garde dans le fort. C’est pour cela qu’on n’y envoie que des individus pour qui il n’y a plus aucun espoir de devenir quelqu’un d’important par leurs exploits guerriers.
Tout change avec l’arrivée de Byrun Hess, qui a gardé l’espoir de reconquérir son ancienne position. Fabula Invicta va se servir de cette ambition pour en faire son pion.
Même à la fin, lorsqu’elle est finalement vaincue, on comprend, avec la réaction de Valdemar Schmidt, que tout était prévu pour que Hess redevienne un héros, et qu’elle se serve de lui et de son ambition pour se libérer.
D’ailleurs, je pensais à quelque chose en écrivant cette chronique : il y a de grandes chances que Byrun Hess se fasse exécuter pour que Fabula Invicta reste enfermée.
Mais si je pousse le raisonnement d’Eris Vivelarme, il reste une personne qui sait que le démon existe et qui va perpétuer son souvenir…
Le lecteur.
Conclusion
Je savais que Dicken écrivait de bonnes histoires, mais je n’avais aucune attente particulière pour celle-ci. Il est vrai que la Black Library a quelque peu laissé les Royaumes Mortels à l’abandon, et qu’il est donc facile de ne pas s’y intéresser. Pourtant, ce roman court vaut le détour.
La galerie de « héros » qui ont échoué dans ce donjon perdu au milieu de nulle part est bien décrite, chacun portant un sombre secret qui l’a brisé par le passé. Le huis clos horrifique, avec l’ombre du démon qui plane sur tout le récit, est très bien rendu. Quant à la conclusion, que j’ai trouvée très bien amenée, elle achève de faire de ce texte une bonne histoire. Je me demande même pourquoi Evan Dicken n’a pas écrit pour la collection Warhammer Horror…
Attention cependant : ce n’est pas un récit gore ou trash. Mais la situation psychologique des personnages place, pour moi, cette histoire dans la catégorie de l’horreur.