The father of faith
Par Gilian
Avant-propos
En parallèle des deux premiers romans de la série des Guerres horusiennes, John French a écrit une quinzaine de nouvelles mettant en scène les personnages que l’on rencontre dans les romans. Il existe trois sortes de nouvelles : certaines présentent les personnages, d’autres approfondissent l’histoire des romans, et les dernières développent d’autres intrigues. The Father of Faith présente le personnage de Josef Khoriv.
L’histoire du livre
Un vieux prédicateur revient affronter son passé lorsque son mentor, cardinal déchu condamné pour hérésie, murmure une vérité interdite : « l’Empereur doit être libre ». Entre foi, culpabilité et chasse aux signes sur Dominicus Prime, la loyauté de Josef vacille au bord de l’abîme.
L’histoire avec un grand H
Josef Khoriv, vieux prédicateur et serviteur de l’Inquisition, médite dans les entrailles du vaisseau Dionysia. Il aime le bruit des machines et déteste le silence, car sa vie a été forgée dans l’espace — au sein de la Marine impériale —, dans la guerre et dans la foi.
Alors qu’il s’entraîne au bâton contre deux gardes de la maison von Castellan, son maître, l’Inquisiteur Covenant, vient lui annoncer une terrible nouvelle : le cardinal Abernath, jadis mentor et sauveur de Josef, a été « condamné pour hérésie » et enfermé dans un sanctuaire de l’Ecclésiarchie à Bakka. Covenant a déjà pris les dispositions nécessaires pour se rendre sur Bakka et tirer cette histoire au clair.
Tout cela ravive des souvenirs chez Josef.
Quand il était jeune, il avait été enrôlé de force dans la Marine et était devenu membre d’une équipe de travailleurs dans les soutes d’un croiseur. La vie dans les profondeurs des vaisseaux de la Marine est aussi dangereuse que celle d’une ruche impériale.
Après une rixe entre gangs, il est sauvé in extremis par un prêtre du vaisseau : le prêtre Abernath. Celui-ci va le prendre sous son aile et donner un but, ainsi qu’un sens, à sa vie.
Arrivé sur Bakka, Josef se rend au « Donjon des Douteux » pour parler avec Abernath, qui se trouve à l’isolement dans l’une des cellules du complexe. Il veut des réponses et, à sa grande surprise, Abernath avoue qu’il est coupable.
Il lui raconte alors son histoire.
Face aux troubles grandissants du secteur Caradryad — peur, faux prophètes, rébellions larvées —, l’Ecclésiarchie avait organisé une immense tournée pour prêcher la bonne parole. Sur Dominicus Prime, alors qu’Abernath s’apprête à bénir une mer de pèlerins, il voit une femme mourante lever les yeux vers lui… et subit une « révélation ».
En un instant, il « est » ailleurs : dans une cité démesurée et magnifique, mais dévastée, balayée par la poussière et jonchée d’ossements : la « Cité Désolée ». Au cœur de cette cité se tient une silhouette assise sur un trône. Une voix, saturée de douleur, dit : « Je ne peux plus continuer. » Puis : « S’il vous plaît… je dois être libre. »
Ébranlé, Abernath comprend que l’Empereur-Dieu est en train de mourir et qu’il demande à être achevé.
Abernath accepte sa condamnation. Il a définitivement perdu la foi et ne peut pas vivre ainsi. Il sera transformé en arco-flagellant.
Josef obtient de Covenant la permission d’emmener l’arco-flagellant avec eux, afin qu’il puisse lui aussi servir l’Inquisition.
Conclusion
Si Cleander von Castellan est le personnage le plus humain de la suite de Covenant au sens où il nous ressemble le plus, avec ses défauts et ses qualités, Josef est le personnage le plus attachant et le plus humain au sens noble du terme.
Il se préoccupe de ses semblables, s’inquiète pour eux et fait preuve de compassion.
Cette nouvelle nous en apprend plus sur son parcours et permet aussi à John French de réutiliser la « Cité Désolée ».
Peu de gens ont vu cette cité, et ils en sont tous revenus changés. Si une grande partie d’entre eux a perdu la foi, pour certains, cette vision l’a au contraire renforcée.
Le message donné par la personne assise sur le trône — l’Empereur — est en deux parties :
« Je ne peux plus continuer. »
« S’il vous plaît… je dois être libre. »
Si c’est vraiment l’Empereur qui apparaît dans cette vision, alors il demande à être libéré du Trône d’Or.
Note
Quatre ans plus tard, John French utilise encore une fois la « Cité Désolée » dans le roman Cypher: Lord of the Fallen, en laissant clairement entendre que Cypher travaille pour l’Empereur et qu’il essaie de se rendre dans la salle du Trône d’Or. Mais pourquoi ? Pour le libérer ?