The tief of chalices
Par Gilian
Avant-propos
En parallèle des deux premiers romans de la série des Guerres Horusiennes, John French a écrit une quinzaine de nouvelles mettant en scène les personnages que l’on rencontre dans les romans. Il existe trois sortes de nouvelles : certaines présentent les personnages, d’autres approfondissent l’histoire des romans, et les dernières développent d’autres intrigues. The Thief of Chalices approfondit l’histoire des romans.
L’histoire du livre
Dans les entrailles d’une archive où l’on n’accède qu’en buvant le poison de la mort, une voleuse à la mémoire parfaite devient la clé d’un piège inquisitorial — et d’un texte codé capable de corrompre l’âme. Entre négociations venimeuses au sommet et chasse mortelle dans les profondeurs, chacun parie sa vie… pour un secret que personne ne devrait lire.
L’histoire avec un grand H
Note préliminaire :
Je vais vous raconter l’histoire dans l’ordre, et donc gâcher un peu le style utilisé par John French dans cette nouvelle.
Cleander von Castellan et Josef se rendent au Node 001 pour rencontrer les maîtres archivistes Sardus et Ki, dans le but de négocier un accès aux archives. La mission doit se faire de manière discrète, et Covenant ne veut pas utiliser sa position pour cela.
Sardus et Ki ne sont intéressés que par le savoir, et Cleander a justement ce qu’il faut pour les appâter : la collection d’artefacts et de livres anciens de sa famille, en échange d’un simple renseignement. Pour preuve de sa bonne foi, il leur donne un original du Testament de Gius IV.
Mais Ki et Sardus ne veulent rien savoir : ils n’échangeront pas un artefact contre un autre artefact.
Cleander leur explique alors qu’il ne veut rien de physique. Dix ans plus tôt, une voleuse s’est jouée de lui, et depuis, il la traque. Il sait qu’elle est cachée sur cette planète, dans les archives, et en échange de sa localisation, il leur donnera sa collection.
Les archivistes hésitent. Cleander joue alors sa dernière carte : Josef ouvre un coffre en stase, où se trouve le Testament de Tertia, originaire de Terra et datant de l’ère de Sebastian Thor. Ki et Sardus, tremblants d’excitation devant ce trésor, acceptent.
Viola, Covenant et Severita entrent dans les « Dead Archives » après avoir bu un poison imposé par le gardien. Ce poison limite le temps qu’ils peuvent passer dans les archives : ils doivent revenir prendre l’antidote avant de mourir. Le gardien leur fournit une guide, Tristana, puis les laisse entrer dans les archives.
Après s’être profondément enfoncés dans les archives, Viola dit à Tristana qu’ils sont venus chercher le Tractate Serith. Tristana comprend alors que c’est un piège. Avant d’être piégée dans cet endroit comme guide, elle était venue elle-même récupérer le Tractate pour ses employeurs. Devant l’impossibilité de le sortir sans se faire prendre, elle en avait mémorisé toutes les pages.
Après une course-poursuite dans les archives, Tristana est capturée et amenée sur le Dionysia. Covenant lui offre un choix : coopérer avec l’Inquisition, les laisser prendre le Tractate Serith et lui effacer les dix dernières années de sa vie, en échange de quoi elle recevra un nouveau nom et de quoi vivre jusqu’à la fin de ses jours ; ou refuser de coopérer, auquel cas on lui arrachera le Tractate de force, et elle en mourra.
Bien entendu, elle choisit la vie. Après avoir eu sa mémoire effacée, elle est débarquée sur un monde avec plus d’argent qu’elle n’en aura jamais besoin.
Dans la coupole d’observation du Dionysia, Cleander retrouve Covenant, Viola et Josef. Il a déposé Tristana sur Nix, amnésique, richement dédommagée et munie d’un faux récit flatteur de service rendu à la Maison von Castellan.
Tout indique que le Triumvirat était le commanditaire du vol d’origine. Il ne reste plus qu’à attendre qu’ils viennent chercher Tristana pour les prendre en chasse.
La double temporalité
John French a utilisé une forme littéraire appelée double temporalité pour écrire cette nouvelle, en changeant l’ordre des chapitres de l’histoire :
• chapitre VI ;
• chapitre I ;
• chapitre VII ;
• chapitre II ;
• chapitre VIII ;
• chapitre III ;
• chapitre IX ;
• chapitre IV ;
• chapitre X ;
• chapitre V ;
• chapitres XI, XII et XIII.
Et c’est vraiment bien fait. Dans les chapitres VI à XIII, on suit Covenant et son équipe, enfermés dans des archives avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, à savoir la mort possible d’un des membres de l’expédition.
Dans les chapitres I à V, on suit Cleander, qui essaie de négocier l’entrée d’une équipe dans les archives. On pense donc qu’il essaie de rejoindre Covenant pour les sauver.
On a alors un petit retournement de situation quand on comprend que c’est en réalité l’entrée de l’équipe de Covenant que Cleander a négociée.
Conclusion
Ce n’est pas la meilleure des nouvelles écrites par John French, mais l’astuce littéraire la rend bien plus intéressante sous cette forme.
L’intrigue reste somme toute classique. On pourrait être étonné que Covenant se serve de la voleuse comme appât, mais on commence à connaître l’univers de John French, ainsi que sa vision de l’Imperium et de l’Inquisition, qui ne reculent devant rien pour atteindre leurs fins. Ce n’est donc qu’une demi-surprise.
Avec cette nouvelle, je conclus ce cycle des Guerres Horusiennes, et je suis un peu triste de ne jamais en avoir eu la fin… Peut-être dans quelques années.