Ashes of the Imperium
Par Gilian
Avant-propos
Presque vingt ans (dix-neuf ans et huit mois, pour être exact) après l’Ascension d’Horus, et alors que la série Siege of Terra est terminée depuis deux ans (si l’on fait exception du recueil sorti il y a six mois), la Black Library se lance dans la suite de l’histoire avec ce roman, qui marque le début d’une nouvelle série : The Scouring (La Purge, même si ce n’est pas encore traduit en français). C’est Chris Wraight qui s’en charge, et je pense que c’est une bonne idée. C’est l’un des meilleurs écrivains de la Black Library à l’heure actuelle, et sûrement l’un de ceux qui se débrouillent le mieux pour raconter une histoire où se mêlent politique et intrigues, et où il y a peu de combats. On va voir ce qu’il nous a réservé.
L’histoire du livre
Horus est mort. Terra agonise, en ruines. L’Empereur est silencieux. Dans les décombres du Palais, des survivants traumatisés émergent à la lumière d’une aube incertaine. De nouveaux puissants sont arrivés, après avoir traversé la galaxie pour apporter le salut à l’Imperium, mais ils sont déjà considérés à la fois comme des usurpateurs et comme des rédempteurs. Les survivants de la grande armada des renégats, désormais éparpillés et désespérés d’échapper à une vengeance certaine, sont déchirés par le doute et la dissension, tandis que leurs dieux se taisent eux aussi. Au cœur de tout ce deuil et de toute cette confusion, certaines âmes optimistes veulent croire que la guerre est terminée et qu’une ère de renouveau commence. Mais les plus sages savent que c’est une guerre qui pourrait bien ne jamais finir… Et la seule question de ce nouvel âge périlleux est de savoir qui s’élèvera au pouvoir, et qui sera jeté à bas.
L’histoire avec un grand H
À la surface désolée de Terra, Ortag Theokon, un Iron Warrior, fuit. Il ne comprend pas ce qui s’est passé : ils étaient à deux doigts de la victoire, le Sanctum était tombé, et tout à coup la réalité a repris sa place. L’Immaterium s’est retiré, et ils avaient tout perdu. Il ne reste qu’un seul impératif : vivre, survivre, se cacher. Dans sa fuite, Theokon rallie à lui une poignée d’Iron Warriors et réussit à voler une navette pour quitter Terra.
Dans l’espace, le commandant Adraharsis, des Word Bearers, ordonne de rallumer les moteurs du vaisseau : il est temps de fuir vers la Porte Élyséenne et de quitter le système. Avant de partir, il reçoit une demande d’appontage de Theokon. Adraharsis accepte. Sur la route de la Porte Élyséenne, ils croisent les flottes des Space Wolves et des Dark Angels qui foncent vers Terra. Enfin arrivés à la Porte Élyséenne, ils se rendent compte que celle-ci est gardée par les Ultramarines, et qu’il n’y a aucun moyen de s’échapper. Ils cherchent donc un lieu où se cacher…
Alors que le temps commence à s’éterniser et qu’ils ne trouvent pas de solution à leur problème, Adraharsis pense avoir une vision — ou du moins entendre un message — lui disant de ne pas fuir. Il décide donc de se diriger vers Neptune, où sa Légion avait posté une base avancée sur une lune. Mais en arrivant en orbite, tout a été détruit : il ne reste plus rien. Les loyalistes ont été méthodiques… Pourtant, en s’approchant de la petite lune de Laomédéia, qui semble au premier abord détruite, Ortag détecte une distorsion. En s’approchant de plus près, la vérité est révélée : la lune est toujours intacte, protégée par une illusion warp. Adraharsis comprend que tout n’est pas fini. Le warp et les dieux sont encore là, faiblement, mais la connexion n’a pas été totalement coupée.
De son côté, Titus Prayto arpente lui aussi Terra, mais pas pour fuir ou se cacher. Sur ordre de Guilliman, il cherche le Prométhéen, parti au nord à la poursuite des hérétiques survivants, ne laissant qu’une traînée de mort et de destruction derrière lui. Il finit par retrouver les Salamanders et est accueilli par Abidemi, qui lui indique où trouver Vulkan. Prayto se rend compte que les Salamanders se sont lancés dans une campagne de purge des Emperor’s Children restés sur Terra… mais ils ne font pas que les tuer : ils les massacrent, les démembres et laissent leurs corps pourrir. Quand il rejoint Vulkan, ce dernier est au centre d’une arène de combat, où il massacre un à un, en « duel », les Emperor’s Children faits prisonniers.
Prayto lui explique sa mission : Guilliman, avec l’accord de Dorn, va réunir un conseil pour décider de la marche à suivre — poursuivre la flotte hérétique, ou prendre le temps de récupérer Mars et Luna avant. Vulkan accepte de rentrer, mais veut d’abord finir de purger le secteur.
Ailleurs, dans les désolations au nord du Palais impérial, Julatta de la Grande Lumière fuit loin de la vengeance des loyalistes, à la tête de son conclave de fidèles. Les loyalistes les talonnent, et les plus lents sont les premiers à mourir. Seuls les plus rapides parviennent à vivre un peu plus longtemps… mais jusqu’à quand ? Il n’y a pas d’échappatoire. Elle continue malgré tout à diriger son groupe, dont les effectifs fondent comme neige au soleil : toujours plus loin du Palais impérial, toujours avec l’ennemi à leurs trousses. Lors d’une exploration pour trouver de la nourriture, elle rencontre un Thousand Son en train de mourir. Il lui dit que tout est perdu, que le warp s’est retiré, et qu’elle doit se cacher en attendant des jours meilleurs. Il lui confie aussi son épée, qu’il avait imprégnée de warp — mais qui ne fonctionne plus… Continuant à fuir, les maigres troupes de Julatta finissent par tomber sur un groupe de survivants humains, qui engage le combat avec eux. Mais des Salamanders arrivent rapidement, et l’affrontement tourne court : les hérétiques sont tués. Pendant ce temps, dans le Palais impérial en pleine reconstruction, Khalid Hassan, chef de facto des « Élus » de Malcador, essaie d’organiser la suite. Il a réuni Moriana Mouhausen, Zaranchek Xanthus et Amendera Kendel. Alors que Mouhausen et Kendel se demandent si l’organisation peut survivre, Hassan ne veut rien entendre : elle doit perdurer, trouver des alliés, et les mortels doivent reprendre le contrôle de l’Imperium, qui est en train de leur être volé par les primarques. Il donne ses ordres et clôt la réunion.
Dans le Palais, Archamus se réveille. Après la fin de la bataille, Dorn lui a ordonné de dormir et de se soigner. Maintenant, il erre dans le Palais sans but : après toutes ces semaines de stress et de combats, il se retrouve sans commandement. Les Ultramarines se sont répandus partout, ont pris le contrôle de tout comme s’ils avaient gagné la bataille — alors qu’ils n’étaient même pas là… Le Sanctum est devenu une zone interdite, gardée par les Custodes, où seuls les primarques peuvent entrer.
Archamus erre seul, puis croise Kyril Sindermann, qui cherche à rencontrer Dorn. Sindermann a beaucoup de choses à dire, mais personne pour l’écouter. Pour lui, la guerre n’est pas finie, et il faut déjà commencer à préparer la prochaine. Archamus essaie de le calmer en lui disant que « la corruption » est morte avec le traître, mais Sindermann est certain du contraire : la corruption était là bien avant et n’est pas le fruit d’Horus. Archamus accepte de l’aider à rencontrer Dorn.
Mouhausen, sur ordre de Hassan, a fait le voyage jusqu’à la Montagne creuse pour s’entretenir avec le Haut Seigneur Nemo Zhi-Meng et comprendre ce qui s’est passé. Zhi-Meng n’en est pas sûr à cent pour cent, mais pour lui le « fanal » s’est rallumé grâce à Keeler… sans que cela puisse durer. La Montagne est une lentille qui amplifie la volonté de l’Empereur, mais sa volonté est faible ; par conséquent, le fanal faiblit. Il explique que les prières des fidèles ont « rallumé » le fanal juste avant la fin et que, comme pour le Trône d’Or, le sacrifice de psykers peut permettre de maintenir le « fanal ». Mais il espère toujours que l’Empereur recouvrera vite des forces. Après cette mise au point, Mouhausen en profite pour aborder des sujets plus politiques : l’Imperium ne peut pas tomber aux mains des primarques, et le Senatorum doit reprendre le contrôle de la situation. Il faut que les Hauts Seigneurs reprennent la main. Zhi-Meng pense qu’elle a raison, et qu’ils devraient rester en contact.
En parallèle, Xanthus suit une piste. Il a remarqué qu’une série d’incendies dans le Sanctum est en train de consumer bibliothèques et archives. Il remonte jusqu’à Kyril Sindermann.
Ce dernier finit par avouer ses crimes : c’est bien lui qui a brûlé les livres. Il explique à Xanthus qu’il a vu le mal en face, et qu’on ne peut ni le vaincre ni le réformer. Il faut faire disparaître toute trace de son existence pour éviter que l’idée se propage à nouveau. Xanthus n’est pas d’accord : l’ignorance laisse sans défense. Le mal reviendra quoi qu’on fasse ; alors plutôt que de tout détruire, il pense qu’il vaut mieux tout mettre sous clé, cacher tout ce savoir et en limiter l’accès à une poignée de « gardiens » : une « confrérie d’éclairés » chargée de protéger l’humanité. Sindermann n’est pas pleinement convaincu, mais accepte d’essayer.
Sur la route qui le mène à son rendez-vous avec Dorn, Archamus croise Aphoné Ire, une Sœur du Silence. Elle lui demande de parler à Dorn : il faut absolument reprendre Luna au plus vite. Terra et Luna sont liées ; la guerre n’est pas finie, et sans la voix de l’Empereur pour les guider, tout est beaucoup plus compliqué.
Archamus rejoint Dorn, qui lui dresse un bilan mitigé de la situation. Tout est sous contrôle : la porte vers la Toile est verrouillée ; l’Astronomican fonctionne à peine ; et l’Empereur — ou ce qu’il en reste — est sur le Trône d’Or, mais personne n’arrive à communiquer avec lui. Dorn cherche la vengeance et redoute que Guilliman impose la prudence. Il confie à Archamus la mission de trouver des alliés et des traces de l’ennemi dans le système Sol, afin de forcer la main à Guilliman. Archamus propose de rencontrer Sindermann dans un premier temps, avant de préparer une mission de reconnaissance dans le système à la recherche de « l’ennemi ».
Titus Prayto revient enfin au Palais impérial pour faire son rapport à Guilliman. En s’approchant du Sanctum, il ne peut réprimer un sentiment de malaise : les Custodes qui le gardent semblent inquiets et absents. Quand on les questionne sur l’Empereur, ils restent vagues, éludent les questions et répètent comme un mantra qu’il reviendra en temps voulu… D’autres rumeurs courent sur les Blood Angels : ils restent reclus entre eux et Raldoron refuse toute communication. Il s’est passé quelque chose depuis la mort de Sanguinius, mais tout le monde refuse d’en parler…
Prayto rejoint Guilliman et lui fait son rapport : Vulkan n’est pas devenu fou, mais il est furieux. Il détruit consciencieusement tous les sites marqués par la légion de Fulgrim, mais il a promis de revenir au plus vite. Guilliman lui donne les dernières nouvelles : le Lion et Russ sont revenus, et une dispute a éclaté entre eux, le Lion allant jusqu’à blesser son frère dans un combat singulier.
Guilliman interroge Prayto à propos de ses pouvoirs et du warp. Ce dernier doit admettre qu’il ne ressent plus rien. Guilliman en conclut que la mort d’Horus et l’effondrement des puissances derrière lui ont dû mettre fin à tout cela pour toujours. Prayto essaie de lui faire comprendre que ce serait trop simple, et que ça ne durera sûrement pas, mais Guilliman ne veut rien entendre.
Il explique enfin sa stratégie : reconstruire Terra, reprendre Luna et Mars, fortifier le système Sol, puis envisager une contre-attaque. Il comprend le point de vue de Dorn, mais c’est trop précipité : la menace n’existe plus, les renégats n’ont plus d’alliés, et il sera facile de les tuer. Mais pour cela, il a besoin d’un vote du conseil, et il demande à Prayto de continuer à réunir les Hauts Seigneurs et les primarques.
Sur Luna, Vardesh Kraiya, maître-apothicaire des Sons of Horus, parle avec Heliosa-78. Maintenant que la flotte du Maître de Guerre a été mise en déroute et qu’il est mort, il faut fortifier Luna : les loyalistes ne vont plus tarder à venir. Heliosa ne comprend pas pourquoi Kraiya ne fuit pas, alors qu’il en a encore le temps, et qu’ils savent tous les deux que Luna ne pourra pas résister à l’assaut qui arrive… Kraiya répond qu’il se battra pour honorer ses frères tombés au combat.
Archamus, qui a mis du temps à retrouver Sindermann, le conduit à Dorn. Sindermann expose son plan : l’ennemi ne peut être vaincu par des moyens traditionnels. Ils ont besoin de réunir du savoir — des livres et des personnes à l’esprit ouvert — pour répertorier et conserver ce qui permettra d’en apprendre plus sur l’ennemi et de le vaincre quand il reviendra. Après un moment d’hésitation, Dorn se laisse convaincre d’aider Sindermann, mais le prévient : les anciens dogmes sont de retour dans l’Imperium, et il risquera gros si l’on découvre son projet (les restrictions retombent, et tout ce qui ressemble à une pensée originale est réprimé).
Après cela, Archamus peut enfin s’atteler à son autre tâche. Il part en orbite pour monter à bord du Phalanx, où l’attend son escadron de chasseurs. En cours de route, il croise la Grande Amirale Niora Su-Kassen, désormais Haut Seigneur de Terra. Après une brève conversation, il a la désagréable sensation qu’elle n’est plus tout à fait de son côté…
Dans les profondeurs du Palais impérial, Hassan et Mouhausen parlent des derniers événements. Apparemment, Zhi-Meng et les autres Hauts Seigneurs de Terra ont suivi les conseils de Hassan et ont commencé à agir de manière coordonnée… mais en le laissant de côté, sans le prévenir. Mouhausen pense que quelqu’un tire les ficelles, et que les Hauts Seigneurs haïssent Hassan et ce qu’il représente : ils ont sûrement la ferme intention de se débarrasser d’eux… Hassan doit réfléchir et met fin à l’entretien. Il veut aussi aller chercher le corps de Malcador, pour s’assurer qu’il ait une sépulture décente et qu’il ne reste pas à pourrir au pied du Trône…
Il rencontre Amon Tauromachian, qui monte la garde à l’entrée de la salle du Trône. Celui-ci accepte de l’accompagner, mais le met en garde : tout a changé.
Une fois dans la salle du Trône, Hassan ne comprend pas ce qu’il voit : tout a changé. Des Custodiens et des prêtres du Mechanicus s’activent de tous côtés. Hassan s’effondre sous la pression, et Amon l’aide à se relever. Amon lui explique la situation : le Fabricator General de Mars, Kane, est à l’intérieur et, avec l’aide du capitaine-général, il essaie de préserver le corps de l’Empereur. Les Custodiens sentent son absence : le lien psychique qu’ils ont toujours eu avec lui n’existe plus.
Hassan explique qu’il voulait seulement préserver la dépouille de son maître et qu’il ignorait tout le reste. Mais la dépouille a déjà été réclamée par quelqu’un. Hassan reconnaît la signature sur le mandat de retrait, et il décide de rendre visite au commanditaire.
Guilliman a fini par convoquer le Haut Conseil et mettre sa stratégie au vote. Ses frères votent contre, mais, à la surprise générale, les Hauts Seigneurs de Terra votent pour : sa proposition est donc adoptée.
Les préparatifs de l’assaut de Luna sont terminés, et Prayto a enfin reçu l’ordre de rejoindre la première vague. En route, il croise Atok Abidemi, qui commande un petit groupe de Salamanders devant prendre part à la deuxième vague. Prayto lui demande de l’accompagner ; Abidemi accepte avec joie : il a hâte de tuer des traîtres.
Alors qu’ils embarquent, Prayto remarque la nouvelle épée d’Abidemi : riche, ornée, pas nocturnienne. Abidemi répond que c’est un trophée, trouvé sur une femme déjà morte lors d’une mission de purge. L’épée était de qualité, et il n’allait pas la laisser pourrir. L’ancien archiviste lui fait remarquer que c’est une lame de sorciers, mais Abidemi lui rétorque qu’il n’y a plus de sorciers, maintenant.
Le dernier conseil de guerre a lieu sur le cuirassé Courage Above All, et Prayto remarque qu’aucun primarque ne prendra part à l’assaut : ils sont tous trop occupés par leurs affaires sur Terra. Il voit aussi que l’Anathema Psykana fera partie de la première vague, et se demande ce que cela implique…
L’assaut de Luna commence. Même si la résistance des Sons of Horus est acharnée, le résultat ne fait aucun doute : les forces impériales sont bien trop nombreuses et, malgré les lourdes pertes, rien ne semble pouvoir les arrêter.
Le débarquement initial est marqué par une série d’embuscades. Les survivants de Luna vont vendre chèrement leur vie et ne sont pas décidés à capituler. Prayto remarque qu’il y a très peu de véritables Marines parmi les défenseurs, mais plutôt des monstres difformes dont la croissance a été accélérée génétiquement, et qui sont incapables de combattre efficacement. Malgré tout, leur constitution et leur nature violente en font de dangereux adversaires. Les pertes continuent d’augmenter à mesure que l’offensive avance. Les derniers véritables Sons of Horus finissent par succomber sous le nombre, et le complexe est finalement pris.
Prayto reçoit alors l’ordre de se redéployer au sud, sur la position attaquée par les Blood Angels : apparemment, ils n’avancent pas aussi vite que prévu, et le haut commandement a décidé de l’envoyer en renfort.
En orbite de Neptune, sur la petite lune de Laomédéia, Theokon est mal à l’aise : il ne comprend pas trop ce qu’il fait là. Sur la lune, il y a des centaines de Space Marines — en majorité des Word Bearers — et des millions d’humains. Tout le monde parle d’évacuation et de départ du système Sol, mais il n’y aura jamais assez de navettes pour tous.
Adraharsis le conduit au dôme de commandement, où les attend Khal-Hanam, le maître des lieux, qui leur explique la situation : Les deux portes de sortie du système sont closes, et aucun vaisseau ne peut forcer le blocus. Ils parviennent à camoufler la lune grâce à des sacrifices humains continus, mais le plan est de prendre d’assaut un cuirassé de la XIIIe, puis de passer le blocus sous couverture.
Theokon trouve le plan ridicule et insensé, mais faute de mieux, il accepte d’y participer en préparant le plus de navettes possible.
De son côté, Khal-Hanam invite Adraharsis dans les profondeurs du temple pour lui montrer un lieu où l’on peut communiquer avec le warp. Adraharsis entend au loin des murmures et commence à avoir des visions. Khal-Hanam lui explique ce qui s’est passé : les Puissances de la Ruine ont failli être détruites, mais elles existent encore — comme un feu à l’état de braises, qui n’attend qu’à être réveillé. Le moment est critique : les braises peuvent s’éteindre s’ils attendent trop. Il faut que la guerre reprenne, que les Impériaux recommencent à commettre des massacres au nom de l’Empereur pour raviver la flamme. C’est pour cela qu’ils sont sur Laomédéia : pas pour s’échapper, mais pour s’offrir en sacrifice et forcer les Impériaux à relancer la guerre.
Dans le vide du système Sol, Archamus a commencé sa traque, mais les loyalistes ont été méthodiques et rien ne subsiste : seulement des vaisseaux éventrés et la mort.
Finalement, il trouve un vaisseau de la VIIe Légion, qui traque lui aussi l’ennemi. Il monte à bord pour s’entretenir avec son capitaine : Sigismund. Ce dernier fulmine contre Dorn : il devrait préparer la croisade plutôt que parlementer et négocier. Il est le Prétorien, et on devrait lui obéir.
Archamus lui explique que les choses ont changé. Ils doivent trouver une preuve que l’ennemi peut encore invoquer les Puissances de la Ruine ; sans cela, la croisade pourrait être ajournée indéfiniment…
Sigismund est obligé d’admettre qu’il n’a rien trouvé non plus, et il est frustré de ne pas pouvoir poursuivre sa quête de vengeance hors du système Sol…
Mais peut-être qu’Archamus aura plus de chance. Sigismund fait fuir les ennemis devant lui, et c’est peut-être pour cela qu’il ne trouve rien. Archamus est déjà mort une fois (il fait référence au premier du nom), et personne ne le fuit : il aura peut-être plus de chance.
Après avoir récupéré les archives de recherche de Sigismund, Archamus s’éloigne des zones déjà ratissées. Il évite Jupiter et Saturne, où d’autres purges se poursuivent, et pousse plus loin, jusqu’à Neptune. Là encore, les scans ne donnent « aucun résultat », mais Archamus a un doute et décide de suivre son instinct en scannant les lunes de Neptune. Il finit par trouver quelque chose, et doit prévenir Dorn.
Alors que Hassan continue de suivre la piste des glyphes laissés par ceux qui ont récupéré la dépouille de Malcador, Mouhausen s’interroge sur son état physique et sur son avenir. Elle commence à devenir aveugle, et se demande si c’est dû aux radiations, ou au sceau mental que Malcador avait imposé à chacun de ses suivants — et qui est en train de se dissiper. Elle a peur de devenir un fardeau et de ne plus pouvoir accomplir sa tâche… Elle se change les idées en parcourant les manuscrits que Sindermann et Xanthus réunissent dans des salles protégées par les Imperial Fists. Elle n’est pas impliquée dans leur projet, et elle le fait donc quand la bibliothèque est vide. Elle espère trouver un moyen de débloquer complètement le sceau mental, ou au moins d’en comprendre le fonctionnement.
Mais Hassan lui a donné une autre mission : savoir qui contrôle le conseil. Pour cela, elle a décidé de rencontrer encore une fois Zhi-Meng.
Sur Laomédéia, Theokon et ses hommes inspectent les navettes et se rendent compte qu’aucune n’est apte à décoller : les rares navettes en état ont été sabotées et désossées. Theokon réalise qu’ils sont tombés dans un piège : les Word Bearers n’ont jamais eu l’intention d’évacuer. Ils veulent sacrifier tout le monde.
Il réfléchit à un moyen de fuir et comprend vite que c’est impossible : les docks sont trop bien gardés. Il se rappelle alors une discussion à leur arrivée : un autre vaisseau avait été repéré en même temps qu’eux, mais il n’avait laissé aucune trace et avait donc été ignoré. Sur le moment, il n’y avait pas prêté attention, mais il comprend maintenant que les Word Bearers ont intentionnellement laissé partir l’autre vaisseau, en espérant que la flotte impériale vienne se battre.
Personne n’est venu, et Theokon commence à avoir une idée de ce que pourrait être ce vaisseau. Il décide de se rendre à la tour de communication et d’envoyer un message à l’aide, en espérant que son intuition soit juste…
Il parvient tout juste à prendre la salle de communication et à envoyer un message, mais lui et ses hommes sont rapidement faits prisonniers…
Sur Terra, Dorn a organisé une réunion secrète avec le Lion et Russ. Il veut les convaincre d’agir contre le plan de Guilliman. Il est persuadé que l’ennemi est toujours actif, et qu’il ne faut pas perdre de temps avant de le poursuivre. Le Lion et Russ sont difficiles à convaincre, mais finalement, Russ ne peut pas résister à la perspective d’une bonne bagarre et accepte de suivre Dorn. Le Lion est plus mesuré, mais il pense que Guilliman leur cache certaines choses et décide d’aller voir ce que Dorn a à leur montrer.
De son côté, Hassan arrive à destination et rencontre « Sire » Vanus, qui a récupéré la dépouille de Malcador pour la mettre en sécurité. Hassan reconnaît qu’il est surpris de le voir : il pensait qu’ils avaient tous été tués pendant la guerre. Vanus admet que les Assassins ont failli disparaître, mais qu’il en reste encore, même s’ils sont éparpillés. Il sait ce qu’Hassan a essayé de faire avec le conseil, mais il n’a rien à leur offrir, et ils vont sûrement vouloir l’éliminer. Il lui propose donc une alternative : parmi ses nombreux titres, Malcador avait celui de Maître des Assassins, et Vanus propose à Hassan d’endosser ce rôle.
Sur Laomédéia, Adraharsis confirme les soupçons de Theokon : les Puissances de la Ruine sont affaiblies, et il faut absolument forcer les loyalistes à se lancer dans une campagne de vengeance et de carnage pour « nourrir » les dieux du Chaos et leur permettre de revenir plus vite — surtout, de revenir avant que l’Empereur ne se remette et ne puisse reprendre le contrôle.
Mais alors qu’il jubile en exposant son plan à Theokon… la lune est attaquée et subit un assaut planétaire.
Sur Terra, Mouhausen finit par découvrir un moyen d’entrer en contact avec Zhi-Meng de manière discrète. Elle a appris que ce dernier est un « keelerien » et qu’il se rend dans un temple dès que possible. Elle décide donc de l’y attendre et de le confronter. Zhi-Meng veut lui parler de sa foi, mais Mouhausen n’est pas venue pour ça : elle veut savoir ce qui a changé au conseil, et pourquoi il est revenu sur leur accord. Il refuse de répondre et, devant l’agressivité de Mouhausen, ses gardes du corps viennent s’interposer. En voyant leur nature, Mouhausen comprend qui dirige vraiment le Haut Conseil…
Après une dernière discussion, elle décide de se retirer et d’aller faire son rapport à Hassan. Le Haut Conseil de Terra est dirigé par les Sœurs du Silence, qui contrôlent plusieurs de ses membres. Elles servent d’intermédiaires à Guilliman, qui peut rester en retrait et faire semblant de n’y être pour rien. La réalité est encore pire que ce que Hassan avait craint : Mouhausen a appris que le Fabricator General Kane et Valdor travailleraient jour et nuit « à l’intérieur du Trône », car rien ne fonctionne comme il le devrait. Soit le Trône ne marche pas, soit l’Empereur n’est plus en mesure de le contrôler pour se soigner. Ils vont devoir sacrifier des psykers, encore et encore, comme pendant le siège. Et pour cela, ils ont besoin des Vaisseaux Noirs cachés sur Luna. Pour Guilliman et ceux qui sont dans le secret, c’est la seule chose qui compte ; la poursuite des traîtres est secondaire.
Hassan pense que Guilliman garde tout cela secret pour conserver le contrôle de la situation — et du pouvoir. Il ne comprend pas pourquoi il refuserait d’en parler à ses frères, au risque de provoquer une nouvelle guerre civile.
Mouhausen est plus ou moins d’accord : elle pense qu’il ne veut aucun rival, pour ne pas être obligé d’expliquer ni de justifier ses actions. C’est pour cela qu’il a mis la main sur Pentasian et l’Administratum. La situation est bloquée : Guilliman a été plus malin… Hassan n’est pas tout à fait d’accord. Il lui reste une carte à jouer. Sur Luna, la guerre est finie, ou presque. Les Selenar ont eu le temps de saboter les installations et les stocks génétiques : rien n’est récupérable. Prayto, quant à lui, a fini par rejoindre les Blood Angels… mais quelque chose ne va pas.
Il a déjà combattu aux côtés des Blood Angels par le passé : ils étaient offensifs et flamboyants, animés d’une rage de vaincre. Là, il ne les reconnaît pas. Ils avancent méthodiquement, ne prenant aucun risque, en faisant attention à ne pas se laisser emporter par la bataille. Il a l’impression qu’ils se battent autant contre eux-mêmes que contre l’ennemi. Prayto arrive à convaincre le capitaine Blood Angel de lancer une offensive générale pour prendre le dernier bastion de résistance des Sons of Horus. Les combats sont sanglants et les pertes s’accumulent. Prayto se retrouve en duel avec un puissant guerrier qui combat avec deux lames énergétiques et, malgré toute sa vaillance, il finit par être désarmé et sur le point de mourir. Mais, dans un sursaut de désespoir, une étincelle de son ancien pouvoir revient : il fait littéralement exploser son adversaire de l’intérieur. Tout le monde se fige en voyant ça, puis l’équilibre des forces est rompu : les Blood Angels se ruent à l’assaut, suivis des Ultramarines et des Salamanders, et les derniers Sons of Horus sont massacrés.
Le combat terminé, Prayto est troublé. L’ancien monde n’a pas disparu : il s’est retiré, mais demeure là, à la limite de la perception… Dorn avait raison… Mais ce n’est pas la dernière de ses surprises : dans les profondeurs de la citadelle, les éclaireurs ont découvert des dizaines de vaisseaux totalement noirs… Prayto questionne Morovain (le capitaine des Blood Angels) : quels sont ces ordres ? D’où viennent les codes qu’il a utilisés pour ouvrir les cryptes, et surtout, qui les a envoyés ici ? Morovain est surpris : les ordres viennent du premier capitaine des Ultramarines, Verus Caspean. Ils devaient prendre l’ancienne forteresse des Sœurs du Silence et la tenir coûte que coûte.
Troublé par ces révélations, Prayto décide de repartir vers l’objectif principal. Mais son malaise demeure… Son ancien pouvoir est revenu — même si ça n’a été qu’un instant — et pourquoi Guilliman a-t-il confié une mission aussi importante aux Blood Angels, plutôt que de la confier à sa propre Légion ?
Sur Laomédéia, les combats sont terminés. Il n’y a pas vraiment eu de combat, d’ailleurs : ça a été un massacre méthodique. Mais, à la grande déception d’Adraharsis, ce ne sont pas les Impériaux qui sont venus se venger : c’est Perturabo, qui a répondu au message de Theokon et qui est venu faire place nette. Theokon a fait son rapport à son primarque. Il pensait que ce dernier ne pouvait pas être parti bien loin, et qu’il restait à observer la fin du siège, caché quelque part, attendant le bon moment pour frapper. C’est pour ça qu’il a envoyé un appel à l’aide. Perturabo lui dit qu’il a eu raison de l’appeler : si les Impériaux étaient arrivés avant lui, alors Adraharsis aurait eu son massacre, et la fureur des Impériaux aurait servi la cause des dieux du Chaos.
Les Iron Warriors, eux, les ont éliminés froidement, sans émotion. Perturabo explique à Theokon que la raison pour laquelle on tue a de l’importance : certains actes nourrissent les Puissances de la Ruine, d’autres non. Il va faire place nette sur la lune et partir en ne laissant aucune trace. Les Puissances du Chaos vont revenir, mais il a besoin de temps pour comprendre comment exploiter les dons du Chaos. Il est temps que les Iron Warriors soient leurs propres maîtres.
Sur Terra, Simion Pentasian, Haut Seigneur de Terra et maître de l’Administratum, est anxieux. Même si tout semble se passer comme prévu, il pense déjà aux complications à venir et à la suite des événements. Terra sera bientôt entièrement reprise, Luna est en train de tomber, les Keeleriens sont pourchassés, et il a eu l’intelligence de « s’allier » à Guilliman. Mais il reste encore certaines factions assez puissantes pour s’opposer à eux : le Mechanicus et les Custodes — même si, pour le moment, ils sont trop occupés par l’état de l’Empereur — ainsi que les autres primarques (même avec leurs Légions diminuées, ils ont toujours un poids politique, surtout Dorn). Il faudra garder tout ça à l’œil. Il y avait aussi Khalid Hassan et les Élus du Sigillite. Il devait s’en occuper avant qu’ils aient le temps de se reprendre et de devenir un contre-pouvoir. D’ailleurs, il a convoqué Hassan pour mettre fin à ses prérogatives et demander la dissolution des derniers vestiges de l’organisation mise en place par Malcador. Hassan, quant à lui, réclame un siège permanent au conseil et le rétablissement de tous ses privilèges. Pentasian refuse… mais il a la désagréable surprise de se retrouver face à un assassin Callidus (qui a pris la place de Hassan). Il n’a plus vraiment le choix : il doit se plier aux exigences d’Hassan, ou mourir.
Sur Laomédéia, Dorn, Russ et le Lion ne trouvent rien. Les Iron Warriors ont fait place nette : il ne reste plus aucune trace organique sur la lune, plus aucun bâtiment ; le sol est totalement lisse. C’est une insulte à l’intelligence de Dorn : « Vous saviez que nous étions là, mais vous ne pourrez jamais le prouver. » Des rapports proviennent de tout le système : on découvre la même chose ailleurs. Quelqu’un fait le ménage et efface ses traces. Cela ne semble pas perturber Russ, qui annonce qu’il va se préparer pour l’attaque sur Mars. De son côté, le Lion rentre pour superviser la reconstruction de ses forces, laissant Dorn et Archamus seuls.
Archamus dit à Dorn qu’il a vu ce qu’il prépare sur le Phalanx : les forces qu’il a réunies. Il lui demande s’il compte partir en guerre contre l’avis du conseil. Dorn lui répond qu’il va retourner dans la Fosse au Serpent une dernière fois pour essayer de leur faire entendre raison, et qu’il avisera ensuite.
Sur Terra, Khalid Hassan est arrivé à ses fins. Il est reconnu comme Grand Maître des Assassins et reçoit une convocation du Haut Conseil pour une réunion préparant la conquête de Mars.
Sur Luna, Prayto observe le triomphe organisé par Guilliman, mais il n’a pas le cœur à la fête. Il a conscience que tout cela n’est que politique, et qu’il y a des buts cachés… Il sait aussi que son ancien pouvoir est revenu, et tout ce que cela implique…
Aux confins du système Sol, la flotte des Iron Warriors s’apprête à plonger dans le warp. Theokon se laisse aller à la mélancolie : il se rend compte que, même si les « puissances » — ou les « dieux » — ont détourné les yeux, rien n’a changé. Ils ont continué à s’entretuer et à se haïr. Peut-être que le problème ne vient pas des dieux du warp… mais des humains.
Personnages
Comme c’est une nouvelle série, je me suis appliqué à faire un petit paragraphe sur tous les personnages du Dramatis Personae. Je voudrais toutefois signaler que, depuis un petit moment, la Black Library a tendance à faire des cachotteries avec cette liste : elle y met des noms qui ne font rien, tout en cachant des personnages importants. Je n’ai d’ailleurs pas réussi à faire un paragraphe par personnage, parce que certains ne font tout simplement rien dans le roman…
Les Primarques
Roboute Guilliman — Primarque de la XIIIe Légion, « Ultramarines » Depuis son arrivée sur Terra, il a pris les choses en main. Il a déployé sa Légion et commencé à réorganiser l’administration. Il apparaît très peu dans le roman, mais on sait qu’il dirige tout, et qu’il cache certaines choses à ses frères. Il est en désaccord avec Dorn sur la marche à suivre, mais il se montre plus diplomate — ou plus malin — que lui, et il s’est organisé plus vite pour s’assurer le soutien des Hauts Seigneurs de Terra. Dorn voudrait contre-attaquer et poursuivre les hérétiques pendant qu’ils sont en fuite. Guilliman, lui, veut reprendre Luna et Mars et consolider le système Sol avant de penser à autre chose. Il ne dévoile pas ses raisons à ses frères, ce qui crée une certaine tension. Il finira par avoir gain de cause, et le conseil votera la conquête de Luna et l’attaque de Mars.
Rogal Dorn — Primarque de la VIIe Légion, « Imperial Fists » Le siège de Terra et ce qui lui est arrivé pendant l’assaut sur le Vengeful Spirit l’ont profondément affecté ; il a « vieilli ». Il est persuadé que le warp et la sorcellerie n’ont pas disparu avec Horus : ils existaient déjà avant, et s’ils ont le temps, ils reviendront. Il s’oppose à Guilliman sur ce point et cherche, par tous les moyens, une preuve de ce qu’il avance. Archamus lui en apportera une en découvrant Laomédéia, mais la lune sera détruite avant que Dorn ne puisse la montrer à ses frères. Dans le même temps, il offre sa protection à Sindermann pour son projet secret, même s’il reste sceptique quant aux résultats qu’on peut en attendre. Il fait aussi réarmer le Phalanx en secret, et s’apprête à partir en chasse, avec ou sans l’accord de Guilliman et des Hauts Seigneurs.
Vulkan — Primarque de la XVIIIe Légion, « Salamanders » Peu d’informations sur Vulkan, si ce n’est qu’il est fou de rage et qu’il massacre méthodiquement les derniers Emperor’s Children encore présents sur Terra. Il se range du côté de Dorn et veut poursuivre les rebelles immédiatement.
Leman Russ — Primarque de la VIe Légion, « Space Wolves » Russ et le Lion ont eu un léger différend à leur arrivée sur Terra (j’y reviendrai plus tard). Il veut lui aussi poursuivre les rebelles, mais il se contentera de mener l’assaut sur Mars. Il veut surtout se battre.
Lion El’Jonson — Primarque de la Ière Légion, « Dark Angels » Le Lion et Russ ont eu un léger différend à leur arrivée sur Terra (j’y reviendrai plus tard). Il a bien compris que quelque chose ne va pas, et que Guilliman cache des choses. Il accepte d’accompagner Dorn sur Laomédéia, mais revient vite sur Terra pour être présent au cas où il se passerait quelque chose.
Jaghatai Khan — Primarque de la Ve Légion, « White Scars » Il fait une courte apparition au conseil convoqué par Guilliman. Il est toujours très affaibli et peut à peine tenir debout.
La XIIIe Légion, « Ultramarines »
Titus Prayto — Maître-archiviste C’est l’un des personnages centraux du roman : il fait partie de ceux dont on suit les pérégrinations. Malgré le fait qu’il ait perdu ses pouvoirs psychiques, Guilliman lui confie plusieurs missions. Comme tous les Ultramarines, il est marqué par le fait d’être arrivé trop tard, mais il a conscience que l’avenir immédiat de la guerre repose en partie sur eux. Un mélange de honte et d’honneur que beaucoup semblent avoir du mal à gérer. Il participe à l’attaque de Luna et aide les Blood Angels à prendre l’ancienne forteresse des Sœurs du Silence. C’est à cette occasion que ses pouvoirs se manifesteront de nouveau. Plus le temps passe, plus il se rend compte que Guilliman joue un jeu dangereux. Il sait que son primarque cache des choses, et que l’assaut sur Luna — comme celui à venir sur Mars — n’est pas seulement une manière de consolider les défenses du système Sol : il y a un autre objectif. Les Vaisseaux Noirs sur Luna, par exemple… mais aussi l’idée d’apporter une victoire à l’Imperium et aux Ultramarines : un triomphe pour Guilliman, qui est en train d’écrire l’histoire…
Eikos Lamiad — Tétrarque d’Ultramar-Konor Il commande l’assaut sur Luna et se rend bien compte que le plan n’est pas optimal pour limiter les pertes. Mais comme c’est un ordre du primarque, il s’y conforme.
Verus Caspean — Premier capitaine Comme Eikos, il aimerait modifier le plan, mais suit les ordres du primarque. On le voit très peu : on sait simplement qu’il commande la flotte ultramarine dans le système Sol.
La VIIe Légion, « Imperial Fists »
Archamus — Maître des Huscarls Lui aussi est l’un des personnages centraux du roman : il fait partie de ceux dont on suit les pérégrinations. Il est le deuxième à porter ce nom. Il a également été le commandant des défenses de Terra pendant que les primarques étaient sur le Vengeful Spirit. Dorn lui confie la mission de trouver une preuve que le warp est toujours actif. Il découvre cette preuve sur une petite lune, mais les Iron Warriors feront disparaître toutes les traces avant l’arrivée de Dorn. Il comprend que Dorn est en train de préparer la poursuite des renégats, et se demande s’il est prêt à risquer un affrontement avec Guilliman si celui-ci s’y oppose.
Sigismund — Champion de l’Empereur Il écume le système Sol à la recherche des survivants. Il aimerait poursuivre plus loin, mais le système est sous blocus des Ultramarines, qui empêchent quiconque de sortir. La description de l’intérieur du vaisseau de Sigismund — avec des squelettes et des lambeaux de chair accrochés à des chaînes descendant du plafond — fait davantage penser à un Night Lord qu’à un Imperial Fist. Je me demande si Wraight n’a pas glissé un clin d’œil à la façon dont Sigismund a été recruté.
La IVe Légion « Iron Warriors »
Ortag Theokon — Maître de forge On le voit fuir Terra : il ne comprend pas exactement ce qui s’est passé. Ils étaient sur le point de gagner, et tout a changé. La seule chose qu’il sait, c’est qu’il doit fuir. Il se retrouve allié de circonstance d’Adraharsis, l’Apôtre Noir, et s’échappe avec lui et ses hommes. Il n’a que du mépris pour le warp, pour Lorgar et pour ses fils. Et quand il comprend qu’Adraharsis compte les offrir en sacrifice dans une bataille perdue d’avance afin de permettre aux Dieux Noirs de revenir plus vite, il fait tout pour contrecarrer les plans des Word Bearers. Il envoie un appel à l’aide depuis Laomédéia. Perturabo y répond et vient détruire et massacrer méthodiquement les Word Bearers. Theokon est déçu de voir que Perturabo veut, lui aussi, « contrôler » le warp… mais il suit malgré tout son père génétique, faute d’avoir une meilleure option.
Perturabo — Primarque des Iron Warriors La petite surprise du roman. Quand Theokon envoie son appel à l’aide et qu’Archamus est dans le secteur, on pense forcément qu’Archamus reçoit le message… mais non. Perturabo n’est toujours pas parti du système Sol : il attend et observe. Il est conscient que le warp n’a fait que refluer et que, si les combats reprennent comme avant, le warp reviendra. Dans le même temps, l’Imperium se réorganisera rapidement. Son but est de gagner du temps pour apprendre à contrôler le warp avant qu’il ne redevienne puissant. Pour cela, il doit tout faire pour que l’Imperium perde du temps, au lieu de partir en chasse des derniers survivants des légions renégates. Il a déjà un plan (comme nous le verrons plus tard).
La XVIIe Légion « Word Bearers »
Adraharsis — Apôtre Noir, chapitre des Ebon Claw Plus encore que les autres légions renégates, les Word Bearers ont été affectés par le reflux du warp. Ils ont tout perdu : leurs dieux, leur croyance, leur pouvoir. Certains sombrent dans la folie ou la torpeur, mais Adraharsis pense que tout peut redevenir comme avant. Avec les Word Bearers restés sur Laomédéia, il met en place un plan pour permettre au Chaos de revenir. Il sait qu’il est condamné, mais il veut que sa mort serve à quelque chose. Laomédéia étant un endroit propice, où les sacrifices peuvent renforcer le warp, il décide d’y mourir. Mais ses plans vont être contrecarrés par l’attaque de Perturabo, et sa mort deviendra inutile.
La XVIe Légion « Sons of Horus »
Vardesh Kraiya — Maître-apothicaire Il est resté sur Luna pour organiser le recrutement et l’entraînement des nouvelles recrues des Sons of Horus. Quand il comprend que tout est perdu, il préfère rester et se battre plutôt que fuir. Il organise les défenses de Luna aux côtés d’Heliosa-78 et vend chèrement sa vie avant d’être tué par Prayto… Il se bat non pas pour survivre, mais pour l’honneur : sa Légion, et ses morts.
Heliosa-78 — Généticienne asservie à la Légion Elle s’était rendue quand l’Empereur avait envahi Luna la première fois. Elle s’est rangée du côté d’Horus quand les Sons of Horus ont repris Luna une deuxième fois. Mais cette fois, les Selenar vont mourir en défendant Luna, dans un dernier défi à l’Imperium. Rien de particulier à dire sur elle dans ce roman.
Autres Legiones Astartes
Atok Abidemi — Draaksward, XVIIIe Légion « Salamanders » Il accompagne Vulkan dans sa campagne d’extermination des derniers hérétiques sur Terra. Il récupère une épée psychique au cours du nettoyage de Terra, puis sert aux côtés de Prayto pendant la reprise de Luna.
Corswain — Sénéchal, Ière Légion « Dark Angels » Pas grand-chose à dire sur lui : il fait seulement une brève apparition.
Bjorn — Einherjar, VIe Légion « Space Wolves » Pas grand-chose à dire sur lui : il fait seulement une brève apparition.
Raldoron Raldoron est le nouveau maître de Légion des Blood Angels. Malgré les demandes de contact envoyées par Guilliman et d’autres hauts dignitaires, il reste injoignable. Quelque chose a changé chez les Blood Angels, mais personne n’ose vraiment en parler.
Senatorum Imperialis
Simion Pentasian — Maître de l’Administratum C’est l’homme-clé du gouvernement de Terra. Tous les autres Hauts Seigneurs dépendent de l’Administratum — donc de lui. Il est guidé en secret par les Sœurs du Silence, pour le compte de Guilliman. Il sait qu’il n’est pas assez puissant pour prendre le pouvoir seul, mais il profite de la situation pour écarter le plus de menaces possible, afin de rester l’incontournable du gouvernement. Il identifie plusieurs forces encore capables de s’opposer aux décisions du conseil : • en premier lieu, le Mechanicus et les Custodiens — mais il doit composer avec eux ; • en revanche, les autres branches de l’Imperium (les Élus de Malcador, les Assassins, etc.), il pense pouvoir les éloigner durablement du pouvoir. Grosse erreur, comme il va s’en rendre compte. Il devra finalement créer un siège au Haut Conseil de Terra pour Khalid Hassan, en tant que Grand Maître des Assassins. Il pense aussi pouvoir se débarrasser des Keeleriens…
Nemo Zhi-Meng — Maître de chœur de l’Adeptus Astra Telepathica Il est contacté par Mouhausen, qui tente de le convaincre de se rallier aux Élus de Malcador. Mais comme les autres Hauts Seigneurs, il estime que les Élus ne représentent plus rien dans le nouveau monde qui s’ouvre. C’est lui, ainsi que les Sœurs du Silence, qui met Mouhausen au courant de l’état de l’Empereur et de la nécessité de recourir au sacrifice de psykers pour maintenir l’Empereur en vie et l’Astronomican actif. C’est un Keelerien convaincu : il a vu ce qui s’est passé à la Montagne creuse. Il a vu que les prières des fidèles — et leur mort, consumée par l’Astronomican — ont permis de réaliser l’impossible. Il se range donc du côté de Guilliman et vote pour la reprise de Luna.
Niora Su-Kassen — Haute Amirale de la Marine impériale Elle suit le vote des Hauts Seigneurs de Terra, à la surprise de Dorn. Lors d’une discussion avec Archamus, elle laisse entendre qu’elle n’est pas vraiment libre de ses choix : d’autres forces influencent les décisions dans l’ombre et, pour le moment, ils sont trop faibles pour s’y opposer.
Zagreus Kane — Fabricator Général Locum On ne le voit pas vraiment dans le roman. Il vient à la réunion du conseil pour soutenir la reprise de Mars, mais sinon il reste enfermé avec Valdor auprès de l’Empereur pour essayer de le sauver. Le Trône d’Or ne fonctionnant pas comme il devrait, il est très occupé.
Harr Rantal — Grand Prévôt Lors du vote du conseil, il vote pour la prise de Luna et de Mars, suivant l’avis de Pentasian.
Adreen — Seigneur Commandeur Militant Lors du vote du conseil, il vote pour la prise de Luna et de Mars, suivant l’avis de Pentasian.
Ossian — Chancelier du Domaine impérial Lors du vote du conseil, il vote pour la prise de Luna et de Mars, suivant l’avis de Pentasian.
Bolam Haardiker — Émissaire Paternoval Lors du vote du conseil, il vote pour la prise de Luna et de Mars, suivant l’avis de Pentasian.
Serres de l’Empereur Constantin Valdor — Capitaine-général de la Legio Custodes Il reste près du Trône impérial avec Kane pour essayer de le réparer. Il est présent au conseil, mais ne prend pas part au vote.
Amon Tauromachian — Custodien Il fait une brève apparition près du Trône, quand Khalid Hassan va chercher le corps de Malcador.
Aristéa — Custodienne Le personnage ne sert pas à grand-chose, à part à montrer la détresse des Custodes face à la situation de l’Empereur.
Aphoné Ire — Sœur du Silence Elle a pris le commandement des Sœurs du Silence. Elle essaie de faire comprendre à Archamus que Luna doit être prise avant de partir à la poursuite des rebelles. Elle ne lui révèle pas pourquoi, mais insiste sur le fait que c’est vital.
Kaeria Casryn — Sœur du Silence Kaeria Casryn veille sur les Hauts Seigneurs de Terra avec son escouade et s’assure que les ordres sont bien suivis.
À l’intérieur du Palais
Khalid Hassan — Élu de Malcador Hassan se retrouve à diriger les Élus de Malcador. Il pense que les humains doivent prendre leur destin en main et s’oppose aux primarques en faisant front commun. Il envoie Mouhausen prendre contact avec les Hauts Seigneurs de Terra. Malheureusement pour lui, Guilliman a un coup d’avance : et même si les Hauts Seigneurs vont effectivement faire front commun, ils décident de tenir les Élus de Malcador loin du pouvoir. Comprenant que personne ne les aime et que tout le monde a envie de les voir disparaître, Hassan cherche un moyen de revenir dans le jeu politique. C’est l’intervention inattendue de Sire Vanus, le maître des Assassins, qui va lui permettre d’y parvenir. Parmi ses nombreux titres, Malcador avait celui de Maître des Assassins. Hassan laisse une chance à Pentasian de lui donner une place au Haut Conseil et d’allouer des fonds aux Élus de Malcador ; mais devant son refus, il fait intervenir les Assassins et lui force la main.
Moriana Mouhausen — Élue de Malcador Moriana Mouhausen a changé : morose, diminuée, et devenant peu à peu aveugle, elle se demande si ce n’est pas à cause du sceau que le Sigillite a posé dans l’esprit de tous ses Élus (j’y reviendrai plus tard). Elle reste aux ordres d’Hassan, essayant de contacter les Hauts Seigneurs. Devant leur refus, elle enquête pour savoir qui détient réellement le pouvoir, dans l’ombre, derrière Pentasian. Elle s’intéresse beaucoup au projet de Sindermann et de Xanthus, et passe beaucoup de temps dans leur bibliothèque à lire des livres interdits.
Zaranchek Xanthus — Élu de Malcador Il n’est pas fait allusion à sa véritable identité dans ce roman, donc je vais me contenter de croire que c’est bien lui, dans cette partie de ma chronique. Il ne comprend pas vraiment l’entêtement d’Hassan à vouloir reprendre le contrôle de la situation. Tout cela semble plus l’amuser que l’inquiéter. Il ne montre que deux centres d’intérêt : la possibilité de récupérer l’arme de Fo des mains des Custodes, et les agissements de Sindermann. Il a vite compris que c’est Sindermann qui essaie d’incendier les bibliothèques contenant des livres sur le warp et les démons. Il le contacte donc pour lui proposer une autre option : détruire tout ce savoir, c’est être sûr de ne pas pouvoir combattre le Chaos quand il reviendra ; mais laisser ce savoir entre de mauvaises mains pourrait accélérer son retour, en contaminant ceux qui y auraient accès. Il propose donc à Sindermann de réunir les ouvrages dans un lieu sûr, et de rassembler un groupe de personnes de confiance pour en assurer la garde et préparer la guerre à venir. Hassan se méfie de Xanthus et de ses projets — ou du moins, il considère cela comme une perte de temps. Quelque chose a changé chez Xanthus depuis les derniers jours de la guerre, et cela l’inquiète. Mais Hassan a d’autres priorités, et la guerre a changé beaucoup de monde.
Amendera Kendel — Élue de Malcador Elle fait une brève apparition et est d’avis de dissoudre les Élus de Malcador. On ne la revoit plus après la réunion.
Kyril Sindermann — Itérateur Il a été profondément affecté par ce qu’il a vu dans les Halls de Leng (la bibliothèque privée de l’Empereur). Il demande l’aide de Dorn pour réunir des livres et des objets permettant de combattre le Grand Ennemi. Dorn n’est pas convaincu, mais il sait que l’ennemi n’est pas vaincu et, par amitié pour Sindermann, il accepte de l’aider. La protection de Dorn et la rencontre avec Xanthus posent les bases du grand projet de Sindermann. Dorn pense qu’il a perdu la raison, mais lui offre tout de même sa protection quand Sindermann lui affirme qu’il faut préparer le retour de l’ennemi. Avec Xanthus à ses côtés, son projet change de dimension : au lieu de détruire les livres, il a enfin la possibilité de récupérer les artefacts, grimoires et ouvrages pour les entreposer en lieu sûr. Dans le même temps, il commence à recruter des hommes fiables, comme Mauer, pour l’aider. Il y a tout de même un point sur lequel lui et Xanthus ne sont pas d’accord : Sindermann veut trouver un moyen de communiquer avec l’Empereur pour lui demander son avis. Il pense notamment interroger Lemuel Gaumon sur la manière dont il a fait pour le rencontrer. Cela ressemble aux prémices de l’Inquisition.
Hellick Mauer Il fait partie des hommes de confiance que Sindermann veut réunir pour son projet.
Sire Vanus Chef des Assassins et l’un des rares survivants, il prend contact avec Hassan pour lui dire de revendiquer le titre de Maître des Assassins auprès des Hauts Seigneurs de Terra. Son but est autant de poursuivre l’œuvre de Malcador que d’assurer la survie de son ordre. Il place donc ses ressources entre les mains d’Hassan, en espérant qu’il en fera bon usage.
Les Perdus et les Damnés
Julatta — Démagogue Cheffe de culte, Julatta nous permet d’avoir le point de vue des cultistes venus sur Terra, qui se retrouvent abandonnés à leur sort sur la planète après la débâcle des légions. Elle conduit les survivants aussi loin que possible, mais ils finiront tous par se faire massacrer. C’est elle qui récupère une épée psychique près d’un Thousand Son mourant, et c’est sur elle qu’Abidemi la récupère.
Guilliman
Je voulais en parler dans la partie Personnages, mais je me suis rendu compte que c’est surtout ma façon de voir les choses, et pas forcément une description neutre du personnage. Guilliman est le grand « absent » et, en même temps, « l’ombre » qui plane sur ce premier roman de la série The Scouring (La Purge). Je dis absent parce que, même si on le voit une ou deux fois, il reste beaucoup en retrait : on le perçoit surtout à travers les conséquences de ses décisions. Guilliman est arrivé sur le Monde-Trône en retard, avec sa flotte et sa Légion au complet. À partir de ce moment, il a réorganisé l’administration et a manœuvré pour garder le pouvoir, tout en cachant certaines choses. Il a la force de contraindre ses frères. Il impose le blocus du système Sol. Il se sert des Sœurs du Silence pour manipuler les Hauts Seigneurs. Il sait que le Trône ne fonctionne pas, et c’est pour cela qu’il veut reprendre Luna (pour les Vaisseaux Noirs) et Mars (sûrement pour la technologie). S’il veut les Vaisseaux Noirs, c’est qu’il sait que le warp existe encore : donc il ment à ses frères, et s’oppose à eux sans leur dire la vérité. La question est : pourquoi ? Dorn a beau être buté, pour sauver la vie de l’Empereur, il aurait pu remettre ses envies de vengeance à plus tard. La réponse simple, c’est qu’il faut des dissensions internes pour faire une bonne histoire… mais je me suis souvenu du roman D’Honneur et de Fer (Ian Saint Martin, 2019). Dans l’épilogue, Guilliman parle avec le crâne de Marius Gage et évoque le moment où il est arrivé sur Terra, et où sa Légion aurait pu prendre le pouvoir, effacer de l’histoire les traces de l’Imperium Secundus et la honte d’être arrivé trop tard lors du siège : Tout ce que nous avions à faire était de nous emparer de ce qui était offert, et lorsque le moment est venu, nous ne l’avons pas fait. Nous sommes allés jusqu’au bord de ce précipice et nous en sommes détournés. Je pense que nous en sommes à la première partie de la phrase : le moment où il essaie de prendre le contrôle. Reste à voir, par la suite, ce qui le fera changer d’avis.
Les Ultramarines
Ils sont arrivés en retard pour le siège de Terra, et ça les marque profondément. L’attaque de Luna est un vrai massacre, parce qu’ils foncent dans le tas pour se racheter. Mais en même temps, ils sont arrogants envers les autres Légions — pas tous, mais certains d’entre eux. À voir comment la suite va être gérée.
L’épée d’Abidemi
Abidemi récupère une épée qui a appartenu à un sorcier Thousand Son. C’est une épée psychique, et Prayto voit bien qu’elle commence à réagir au warp vers la fin du roman. Il n’y a pas grand-chose à en dire, mais comme l’auteur fait référence plusieurs fois à cette épée, et qu’elle ne sert à rien dans ce roman, j’imagine qu’elle aura un rôle plus tard.
Les Sœurs du Silence
Les Sœurs du Silence travaillent en étroite collaboration avec Guilliman. Elles font partie des rares à être dans la confidence concernant l’état de l’Empereur et le fonctionnement du Trône. Ce sont elles qui font passer les ordres de Guilliman au Haut Conseil : elles sont donc en première ligne, politiquement parlant. Ce qui me fait penser que c’est peut-être la raison pour laquelle elles seront purgées quelques années plus tard (200–300 ans).
Le duel entre le Lion et le Loup
Première petite entorse à l’histoire « connue » : le duel entre le Lion et le Loup est à peine abordé dans le roman. Jusqu’à présent, ce duel s’était soldé par une blessure pour le Loup et un coma de plusieurs jours, Russ ne se réveillant qu’après le départ du Lion de Terra. Ici, le duel a l’air d’être un peu plus détendu : une blessure légère pour le Loup, et les deux frères qui continuent à être copains comme cochons par la suite. Ma première réflexion a été : « Tiens, ils ont changé l’histoire ». Mais après, je me suis souvenu que, tout au long de l’Hérésie d’Horus et du Siege of Terra, les auteurs ont joué avec les lecteurs. Je me dis donc que, peut-être, le combat entre le Lion et le Loup n’était que le combat rituel quand les deux Légions sont déployées côte à côte, et que l’affrontement qui verra la blessure de Russ n’arrivera que plus tard…
Le Trône ne fonctionne pas ?
La prise de Luna tourne autour du fait que le Trône d’Or ne marche pas comme prévu, et qu’il va falloir sacrifier des psykers comme pendant le siège de Terra. Le Trône siphonne l’Empereur au lieu de le soigner. Alors, deux choses : Premièrement, Guilliman ment quand il dit que le warp est parti et ne reviendra plus. S’il décide de prendre Luna pour récupérer les Vaisseaux Noirs, c’est pour relancer les rafles de psykers. Donc il sait que leurs pouvoirs vont revenir (d’ailleurs, il pose la question plusieurs fois à Prayto). Deuxièmement, je me suis souvenu de la fin de La Fin et la Mort, tome 3. Dorn et Valdor ramènent l’Empereur sur le Trône pour qu’il soit soigné… mais l’Empereur et Malcador ont menti : le Trône d’Or n’est pas la seule chance qu’il reste à l’Empereur. C’est l’Empereur qui est la seule chance qu’il reste pour maintenir le Trône sous contrôle. Ce n’est pas le Trône qui maintient l’Empereur en vie : c’est l’Empereur qui brûle son pouvoir pour maintenir le Trône et l’Astronomican. Donc, en un sens, le Trône “marche” comme il faut… Par contre, l’Empereur se meurt. Il faut donc trouver un moyen de « soigner » l’Empereur. Pour le moment, la solution qui semble privilégiée, c’est le sacrifice de psykers (dixit Nemo Zhi-Meng), tandis que les Keeleriens sont persécutés. J’attends avec impatience le moment où le pragmatisme va prendre le dessus, et où la religion va être adoptée pour sauver l’Empereur…
Les Keeleriens
Ce sont les prières des croyants et leurs sacrifices — certains ont été consumés par l’Astronomican pendant leur prière — qui ont sauvé l’Empereur contre Horus. Et malgré ça, avec la fin du conflit, les Keeleriens sont à nouveau persécutés.
Le warp et les dieux du Chaos
Horus a été vaincu et, avec sa mort, l’ancre qui retenait les dieux du warp dans le Materium a lâché. Tel une marée, le warp a reflué, jusqu’à disparaître presque entièrement. La situation nous est présentée à travers différents points de vue, mais on peut s’en faire une appréciation globale : Le warp est toujours là. Il a reflué et ne demande qu’à revenir ; la vitesse à laquelle il reviendra ne dépend que des événements. Si les combats se poursuivent dans la fureur de la vengeance, en aiguisant les instincts les plus bas de l’humanité, alors les dieux du Chaos reviendront plus vite. Si la violence se calme, ou si elle prend place dans un cadre plus contrôlé (comme les massacres méthodiques qu’organise Perturabo, sans haine ni sentiment), alors les dieux du Chaos mettront plus de temps à revenir. On pourrait donc croire que le plan de Guilliman — prendre le temps de reconstruire avant de partir à la poursuite des Légions rebelles — est le bon. Mais faire cela, c’est aussi laisser le temps aux hérétiques de perpétrer des massacres rituels et de réimplanter les vieux cultes… Je trouve que c’est Theokon qui donne la meilleure définition du Chaos : les dieux du Chaos ne sont qu’un prétexte. Quand le warp s’est retiré, les violences, les exactions et la guerre ont continué. Le Chaos est à l’intérieur de chaque humain.
Le plan de Perturabo
Perturabo est sûrement le seul à avoir vraiment compris comment la suite des événements va se produire. Il sait que le Chaos va revenir, et il sait comment retarder sa venue. Il veut gagner du temps pour que sa Légion soit prête quand le Chaos sera revenu : prête à le contrôler et à s’en servir (le lecteur sait que ce n’est jamais une bonne idée, mais du point de vue de Perturabo, ça se défend). Il a donc organisé le massacre des différents temples et lieux préparés par les Word Bearers pour leurs derniers combats sacrificiels, et, dans le même temps, il a effacé toute trace de l’occupation des lieux. C’est un peu sa signature : il laisse un message. « Vous savez, mais vous ne pourrez jamais le prouver. » Je pense que ce message s’adresse à son frère Dorn : il est en train de l’appâter pour l’amener vers Sebastus IV et la Cage de Fer. Dans le roman, on nous donne l’itinéraire que va suivre la flotte de Perturabo : Kronion, Phelos V, Hord Rath, puis Sebastus IV. J’avoue que je ne connais pas les trois premières planètes.
L’Inquisition
On assiste encore une fois à la mise en place des prémices de l’Inquisition. Même si je ne m’étais pas trop trompé sur les quatre membres fondateurs, j’avoue que je n’avais pas imaginé que ça se passerait comme ça. Sindermann est au bout du rouleau, et c’est l’influence de Xanthus qui lui donne l’idée de créer un groupe de personnes et de réunir des livres et des artefacts. Sans Xanthus, Sindermann aurait continué à incendier les livres, et se serait sûrement fait arrêter par les Ultramarines. Le personnage important, c’est donc Xanthus, et Chris Wraight a pris un malin plaisir à ne pas donner sa véritable identité. À aucun moment il ne dit clairement que Xanthus a été remplacé par Fo, mais il laisse des petits indices : Xanthus insiste pour récupérer l’engin de Fo auprès des Custodiens. Il prend aussi tout un peu à la légère, avec le sourire, alors que tout le monde est plutôt anxieux devant la situation. Le seul point de discorde, pour le moment, entre les deux, c’est que Sindermann veut contacter l’Empereur et, pour cela, parler à Lemuel Gaumon.
Moriana Mouhausen et les sceaux de Malcador
On apprend que Malcador a posé un sceau sur chacun de ses Élus. Et quand on parle de « sceau », ce n’est pas juste une marque apposée sur le corps ou l’armure : c’est quelque chose de mental, posé sur l’esprit de la personne. Ces sceaux ont l’air d’avoir « changé » ceux sur qui ils ont été posés, et depuis la mort de Malcador, ils sont en train de se dissiper. Dans le cas de Moriana Mouhausen, elle commence à devenir aveugle sans raison médicale, et elle se demande si ce n’est pas lié à la dissipation du sceau posé par Malcador. De plus, quand elle rencontre les Sœurs du Silence lors de son rendez-vous avec Nemo Zhi-Meng, elle y est particulièrement sensible. On peut imaginer qu’elle est en train de devenir une psyker… Elle s’intéresse aussi aux recherches de Xanthus et Sindermann, ce qui laisserait penser que c’est elle — et non Kat — qui pourrait rejoindre Sindermann et Xanthus… À suivre.
Les auteurs jouent avec nous
J’ai envie d’en parler depuis un moment : les auteurs de la Black Library jouent avec les « vieux » lecteurs depuis le début du Siege of Terra (et même un peu avant). Un lecteur qui ne connaît pas l’ancien lore ne verra rien, et ça ne gênera pas sa compréhension. Mais pour ceux qui ont grandi avec les anciennes versions, il y a du fan service… et parfois un petit côté « troll » assumé.
Je vois trois raisons principales. 1) Laisser plusieurs vérités coexister La première, c’est de laisser au lecteur le choix : une version peut être « officielle », mais une autre reste possible. Ça ouvre des zones grises, et donc des débats infinis. Exemples : • Fulgrim : on nous dit qu’il a repris le contrôle (version officielle), mais on n’a que sa parole. Si c’est toujours le démon qui est là, on ne peut pas le prouver (même si le nouveau Fulgrim “aime” Lucius, alors qu’à la base, c’est le démon qui l’appréciait). • Lorgar : même chose. Il a été influencé par Erebus et Kor Phaeron, mais on a aussi le point de vue de Kor Phaeron, qui finit par penser que c’est Lorgar qui tire les ficelles depuis le début, et qu’il s’est servi d’eux en leur faisant croire qu’ils avaient le contrôle. • Magnus : l’Empereur dit que la meilleure partie de Magnus l’a supplié de le reprendre (alors que le fragment “meilleur” de Magnus a été utilisé pour sauver Revuel Arvida). De son côté, Magnus raconte que l’Empereur lui a fait une proposition et que c’est lui qui a refusé. • Mortarion : là encore, on peut choisir de croire Typhus… ou le démon. • Résultat : le lore reste vivant, et personne ne peut clore le débat facilement.
2) Recoller les morceaux d’un lore devenu contradictoire Deuxième raison : il y a eu énormément d’écrits pendant des décennies, et forcément des contradictions. Le Siege of Terra sert aussi à remettre de l’ordre, parfois en déplaçant des scènes ou en reconfigurant des événements.
J’ai deux exemples en tête : • Quand Sanguinius se présente sur les remparts du Mur de l’Éternité, dans l’ancien lore c’est à ce moment-là qu’Angron fait son discours en se croyant revenu dans les arènes de Nuceria (et à ce moment-là, les démons ne peuvent pas encore descendre sur Terra). Les auteurs ont donc transposé le discours d’Angron devant le spatioport de la Porte de l’Éternité, bien plus tard. Je me souviens qu’à l’époque, ça avait fait du remous sur les forums.
• Deuxième exemple : la sortie de Jaghatai monté sur un blindé, puis son retour au Palais à bord d’un vaisseau, remplacés par une sortie abritée sous une plateforme orbitale et un retour mourant, déposé sur un blindé impérial.
Et je pense que Chris Wraight nous fait la même chose avec le combat du Lion et du Loup qui n’a pas une conclusion aussi dramatique que dans l’ancien Lore, quelque chose me dit que le véritable duel entre eux va arriver plus tard.
3) Le plaisir de brouiller les pistes Et puis il y a une troisième raison, plus simple : ils s’amusent. Le meilleur exemple, c’est le jeu autour des noms et des récits :
Je pense en premier lieu à Ollanius Personne et Ollanius Piers. Dans Saturnine, Dan Abnett nous raconte l’histoire d’un Ollanius Pius qui meurt en s’interposant entre Angron et le spatioport de la Porte de l’Éternité, et dont l’histoire sera ensuite transformée pour devenir celle d’un soldat impérial s’interposant entre Horus et l’Empereur sur Terra.
Dans La Fin et la Mort (toujours Abnett), on se retrouve avec Ollanius Personne qui s’interpose effectivement entre Horus et l’Empereur et se fait désintégrer… mais Kat Mouhausen raconte ensuite une fausse histoire et crée la légende du soldat mythique. Deux histoires pour “la même” histoire, au final.
Et je pense que, dans ce roman, Chris Wraight fait la même chose avec Moriana Mouhausen, alors qu’Abnett nous avait envoyé sur une autre piste avec Kat Moriana : une psyker très puissante, avec le sceau de Dorn, qui aurait donc pu rejoindre l’ordre de Sindermann facilement…
Les auteurs jouent avec nous. Mais c’est aussi ce qui fait le charme de ces romans. On peut lire sans avoir les références (et je suis sûr que j’en ai raté )… et quand on les a, ça ajoute une couche de lecture supplémentaire.
Note : oui, je me suis un peu éloigné du roman à proprement parler, mais il fallait que j’en parle à un moment.
Autres (les petites histoires en début de chapitre)
Au début de chaque chapitre, Chris Wraight a eu la bonne idée d’ajouter une petite tranche de vie : des scènes courtes qui racontent les petites histoires dans la grande Histoire. On y apprend quelques éléments intéressants, et on a aussi la confirmation de choses qu’on savait déjà. L’Imperium a toujours été géré par Malcador. L’Empereur s’en désintéressait totalement, et c’est le Sigillite qui avait tout organisé. Sa mort est donc une petite victoire pour les hérétiques : l’Imperium ne s’en relèvera pas. Autre chose qu’on savait déjà : beaucoup de soldats et de civils ont suivi les Légions hérétiques par fidélité, et ont été trompés sur les véritables buts du soulèvement. Après le siège de Terra, une liste de noms de personnes à traquer pour hérésie a été diffusée. Le nom en haut de la liste était Lorgar Aurelian, le Premier Hérétique, suivi de plusieurs autres hauts gradés comme Ezekyle Abaddon, Typhus, Erebus, ou encore Perturabo… mais aucune trace de Konrad Curze (peut-être une référence au fait que l’Empereur doit ordonner la mort de Curze : donc si Curze reste vivant, l’Empereur ne peut pas mourir avant d’avoir donné cet ordre). La population de Terra a, petit à petit, été complètement remplacée. On a aussi plusieurs passages tirés d’un livre écrit par un historien du nom de Diomédon de Luna, avec pas mal d’informations « autorisées » sur l’époque. Parmi les infos qu’on apprend : l’imagination et le libre arbitre des Space Marines ont été bridés dès la reprise de Terra. Le changement a été immédiat, et la première génération de Space Marines formée après l’Hérésie était directement reconditionnée.
Conclusion
Comme vous pouvez vous en douter au vu de la longueur de ce résumé, j’ai particulièrement apprécié ce roman. Peut-être parce que je pensais la période de l’Hérésie d’Horus et du Siege of Terra définitivement clôturée.
Bien entendu, ce livre pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses, et c’est bien normal : c’est le premier roman d’une nouvelle série. Je suis curieux de voir comment elle va évoluer. Rien que dans ce tome, je vois beaucoup de sujets qui mériteraient un roman — ou au moins une poignée de nouvelles (c’est ce qui a manqué, à mon avis, pour la série Aube de Feu : des nouvelles pour apprendre à connaître les personnages et apporter de la profondeur au lore).
Tout n’est pas parfait, bien sûr, et j’ai du mal à comprendre comment les Vaisseaux Noirs ont pu rester cachés sur Luna aussi longtemps… même si le timing hollywoodien est bien trouvé, avec le Mechanicus Noir à deux doigts d’ouvrir les cryptes au moment où l’assaut est lancé par les Impériaux.
Pareil, j’ai du mal à croire qu’une flotte puisse se cacher dans le système Sol, surtout avec les Ultramarines, les Space Wolves et les Imperial Fists qui quadrillent tout le secteur. Mais bon : c’est Perturabo, et lui seul pouvait réussir cet exploit. Je sais, on pourrait me répondre que le reste de la flotte dans le système Sol est aussi resté caché — mais Horus ne la cherchait pas, et il s’en fichait.
J’attends la suite avec impatience, et j’espère qu’elle ne tardera pas trop à arriver.