Dropsite Massacre

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Par Gilian

Avant-propos

Dropsite Massacre est une commande réalisée pour la sortie de la V3 de l’Hérésie d’Horus, au même titre que le recueil La Chute de Cthonia l’avait été pour la sortie de la V2. En général, ce genre de roman n’apporte pas grand-chose au lore : c’est surtout un moyen de mettre en avant les nouvelles unités et les nouvelles figurines. Mais, dans une interview, l’auteur a déclaré qu’il était allé plus loin que cela et qu’il avait abordé les prémices de la bataille. Voyons donc ce que ce roman nous réserve.

L’histoire du livre

Horus s’est rebellé contre l’Empereur en purgeant sa Légion, ainsi que celle de son frère. Mais ce qui devait rester un meurtre secret a été révélé. Au nom de l’Empereur, Rogal Dorn et Malcador le Sigillite dépêchent la plus grande force de légionnaires et de Primarques jamais rassemblée, afin de mettre fin à la rébellion d’Horus avant même qu’elle ne prenne de l’ampleur.
Cependant, les loyalistes, en route pour assouvir leur vengeance, ignorent l’ampleur de la trahison qui les attend. Ils ne seront pas les auteurs d’un massacre, mais ses victimes. Le dernier espoir d’un retour à la Grande Croisade et à l’unité de l’Imperium est anéanti.

L’histoire avec un grand H

PARTIE UNE : DÉCRETS D’EXÉCUTION

Dans une salle du bastion de Bhab, au cœur du Palais impérial sur Terra, une réunion a lieu entre :
Malcador (régent de l’Empereur),
Constantin Valdor (capitaine-général des Custodiens),
Dorn (primarque des Imperial Fists),
Jenetia Krole (commandante des Sœurs du Silence).

L’holo-vidéo du massacre d’Istvaan III et la trahison d’Horus sont au centre de la réunion. Dorn veut intervenir immédiatement pour étouffer la rébellion dans l’œuf. Valdor pense que c’est une mauvaise idée : Horus les connaît très bien, il sait comment Dorn va réagir et a déjà prévu la suite.

Jenetia Krole dit qu’ils n’ont plus le choix : Horus a trahi, il va falloir gérer les événements, le choix a été fait pour eux. Il faut tuer Horus.

Malcador ordonne alors à Dorn de coordonner la riposte impériale. La réunion est levée, et Dorn ordonne à Armina Fel d’envoyer un message à travers tout l’Imperium pour ordonner à toutes les forces disponibles de se réunir et d’aller réprimer la révolte d’Horus.

Quand Corax reçoit le message, il ne peut pas croire que c’est vrai et détourne l’Ad Temperesta (un navire de reconnaissance de la XIXe Légion, sous les ordres du capitaine Acronis) vers le système d’Istvaan pour confirmer l’information.

L’Ad Temperesta sort du Warp et se met en orbite autour d’Istvaan III : l’atmosphère ravagée révèle les traces d’un Exterminatus. En étendant la recherche, le navire piste un sillage de vox jusqu’à Istvaan V. L’orbite est vide, mais au sol des signatures d’énergie trahissent des fortifications. Les chiffrages vox identifiés correspondent aux IIIe, XIIe, XIVe et XVIe Légions : les traîtres ont établi leur position dans la Dépression d’Urgall.
Pendant ce temps, sur Istvaan V, les primarques rebelles et leurs officiers tiennent conseil.

Fulgrim déroule un plan apparemment parfait ; Mortarion et Horus écoutent, mais Angron intervient : ce plan n’a rien de parfait, c’est une trahison infâme ; leur adversaire mérite de mourir dans un combat face à face, pas d’un couteau planté dans le dos.
Horus reconnaît que le massacre ne sera pas glorieux, mais il est nécessaire, et il met fin à la réunion.

Maloghurst demande à Abaddon d’aller parler à Khârn : si Angron n’écoute pas, peut-être que Khârn le fera.

Après le départ d’Abaddon, Horus et Maloghurst parlent de la suite : le facteur critique est le temps ; plus il passe, plus la cohésion entre ces frères s’effrite.

Maloghurst pense qu’ils devraient se disperser pour épuiser l’Imperium et empêcher les primarques de se battre entre eux, mais Horus ne veut pas épuiser l’Imperium : il veut une bataille décisive, et pour cela ils doivent attendre la contre-attaque et surtout savoir quand elle va arriver.

Il est temps qu’Alpharius entre en action ; Horus contacte son frère, qui lui promet de faire en sorte que tout se passe comme prévu.

Les ordres sont clairs : faire en sorte que Ferrus prenne le contrôle de la contre-attaque et couper le plus longtemps possible les communications de Vulkan (le seul pouvant tempérer Ferrus).

DEUXIÈME PARTIE : FRAGMENTATION ET CONSOLIDATION

Les messages de Vulkan appelant à la prudence et à un rassemblement des forces à Beta-Garmon avant de partir pour Istvaan se perdent tous dans le Warp sans atteindre leur destination.

Corvus Corax essaie de convaincre Ferrus Manus de prendre le temps de réfléchir à la raison de la trahison d’Horus avant de foncer vers Istvaan ; il est soutenu par Alpharius, mais Ferrus ne veut rien entendre et ordonne de se rassembler directement dans le système d’Istvaan.

Sur Istvaan, Abaddon demande à Khârn de retenir Angron, mais Khârn lui explique que c’est impossible ; il promet toutefois de garder Angron à l’œil…

Maloghurst fait le tour des positions des légions pour être sûr que tout soit en place. Fulgrim l’informe que les derniers détails du plan sont prêts et qu’il n’y a plus qu’à attendre.

Ferrus Manus réunit ses officiers et leur annonce qu’avec l’aval de Dorn, il a pris le commandement des opérations.

En analysant les données à sa disposition : les légions renégates retranchées sur Istvaan V et l’absence de leur flotte en orbite, il en déduit qu’Horus attend leur attaque et qu’il a prévu de les piéger. Une fois qu’ils seront engagés au sol, les vaisseaux des traîtres reviendront les frapper dans le dos avec des renforts.

Ferrus a plusieurs options : la plus simple serait un bombardement orbital, mais sa mission est de capturer Horus et rien ne prouve que le bombardement détruirait les fortifications ennemies ; les rebelles ont eu le temps de s’enterrer profondément.

Impossible aussi de temporiser et de faire le blocus de la planète : cela laisserait le temps aux flottes ennemies de revenir avec des renforts — et qui sait depuis combien de temps Horus prépare sa trahison ? Il a peut-être déjà rallié beaucoup de monde…
La seule solution viable, d’après Ferrus, est un débarquement en force dès l’arrivée dans le système, puis de pousser son avantage pour détruire les forces des quatre légions retranchées avant l’arrivée des renforts.

Ferrus donne ses ordres à ses frères ; tous acceptent, mais Corax, Alpharius et Vulkan prônent la prudence : Horus est bloqué sur Istvaan, ils veulent prendre le temps de réunir plus de troupes pour parer à toute éventualité. Ferrus ne veut rien savoir, et finalement les trois primarques se rangent à ses ordres.

Sur le Shadow of the Emperor, Alvarex Maun (Maître de la Descente des Raven Guard) reçoit un ordre impossible de Corax : déployer toute la Légion depuis l’orbite en moins de cent minutes. Maun pense que c’est irréalisable, mais il commence déjà à concevoir un plan.

Kaedes Nex s’entraîne à traquer des serviteurs-tueurs programmés pour le tuer. Méthodique et patient, il les abat un à un. Sur Istvaan, il chassera les cibles prioritaires des Sons of Horus (Aximand, Kibre, peut-être Maloghurst).

Pendant ce temps, l’Ad Temperesta accomplit une translation Warp extrêmement risquée, très profondément dans le système, pour ouvrir un point de navigation. À son signal astropathique, le Ferrum, le Shadow of the Emperor, le Catura, le Flamewrought et des centaines d’unités jaillissent du Warp : la première vague est là : trois légions de Space Marines (XIXe, XVIIIe, Xe), la Legio Atarus, des barges du Mechanicum, des cuirassés de l’Armée impériale. Ferrus Manus lance la bataille : « Fidelitas Imperialis. »
Dans la forteresse surplombant l’Urgall, Horus réunit ses frères et ses officiers.

Si les loyalistes s’auto-désignent « Fidelitas Imperialis », alors eux seront les « Traitoris Maximus » : traîtres à l’Empereur parce qu’ils osent combattre pour la « vérité » de l’Imperium contre ses mensonges ; ils sont « l’avenir ».

Après cette harangue, Horus renvoie tout le monde à ses postes. Mais Angron est toujours fou de rage : il donne une dernière chance à Horus de prévenir Ferrus avant la bataille. Ce dernier refuse et, alors que le bombardement commence, Angron quitte la salle.

Khârn ne comprend pas pourquoi Angron part aussi facilement : ce n’est pas dans ses habitudes. Tout à coup il comprend : Angron s’est joué de tout le monde. Il a beau être ravagé par les clous du boucher, il n’en reste pas moins un primarque.

Depuis que Fulgrim a exposé son plan, il a voulu convaincre Horus de prévenir Ferrus de la trahison des autres légions pour avoir un combat honorable, mais il a toujours su qu’Horus ne le permettrait pas.

Angron a donc mis au point un plan pour avertir Ferrus lui-même au dernier moment, alors que tous les regards seraient tournés vers la flotte loyaliste et le bombardement à venir. Il s’introduit dans la forteresse par une porte annexe pour se rendre au centre astropathique.

Khârn le rejoint juste à temps pour le voir confronté à Horus, qui avait prévu ce qu’il allait faire. Un duel éclate entre les deux primarques.

En orbite, Corax insiste pour avoir une discussion avec Ferrus et Vulkan avant de donner l’assaut. Ferrus ne veut pas entendre les objections de Corax et de Vulkan.
Ferrus finit par reconnaître que c’est personnel et qu’il veut prouver que Fulgrim a eu tort de penser pouvoir le recruter.

Vulkan admet qu’il est trop tard pour changer les plans, mais rappelle que leur mission était de mettre fin à la rébellion, non de planifier un massacre, comme l’a fait Ferrus.
Malgré tout, il est trop tard pour les regrets : l’assaut planétaire commence.

Horus finit par prendre légèrement le dessus sur Angron, mais au lieu de le tuer, comme ce dernier le lui demande, Horus reconnaît qu’il n’y a pas d’honneur dans ce qui va se passer ; c’est l’Empereur qui ne leur laisse pas le choix. Angron finit par comprendre que ce dont il a toujours rêvé n’a jamais été une option : l’Empereur leur a volé le choix.

TROISIÈME PARTIE — ASSAUT PLANÉTAIRE

Au large d’Istvaan V, la première vague loyaliste lance des milliers de torpilles. Horus riposte aussitôt : dans la Dépression d’Urgall, des batteries mobiles ouvrent le feu, des fusées percent le ciel et le bouclier de la forteresse est activé.
Dans les airs, Alvarex Maun mène la descente des Raven Guard à travers une tempête d’intercepteurs, de missiles et de flak.

Cassian Draconis, l’ancien Maître de la Légion des Salamanders, mène la première vague de sa Légion, sans comprendre comment on a pu en arriver là.
Dans la forteresse, Fabius (IIIe Légion) active Appius Calpurnius (le Kakophoni Orchestrator) : un simple geste sur un connecteur crânien, et l’Astartes devient un instrument vivant de bruit meurtrier. Le « chant » né de son cri se propage par l’air et par vox, tue serviteurs et opérateurs, fait saigner des oreilles, fait vaciller les Titans et balaie les communications.

Le hurlement frappe Maun en plein pilotage. Corax intervient, calme le capitaine et ordonne l’ouverture des rampes : il vise le centre de communication des traîtres, convaincu qu’ils disposent sûrement d’un moyen de contourner le brouillage.
Pendant ce temps, Kaedes Nex s’infiltre dans le labyrinthe qu’est la forteresse ennemie et massacre tous ceux qu’il croise en restant furtif, s’enfonçant de plus en plus loin derrière les lignes ennemies à la recherche d’une cible de valeur.

En orbite, sur le Dracosian (vaisseau des Salamanders), Xaliscus apprend que la « seconde vague » est en translation : Night Lords, Iron Warriors, Word Bearers et Alpha Legion… Hesperides (un Astartes de l’Alpha Legion détaché de longue date auprès de la XVIIIe) restera pour « faciliter » la coordination entre les deux flottes.

Sur ordre de Perturabo, Forix se voit confier la tâche de libérer l’orbite encombrée par les vaisseaux de la première vague et de placer ceux de la seconde pour préparer le massacre des vaisseaux loyalistes — et faire en sorte que personne ne s’échappe.

Un signal tombe : « Flamewrought a confirmé le dernier lancement » — Vulkan descend.

Au sol, c’est un carnage : l’assaut des loyalistes déborde les rebelles sur tous les fronts.

Les Sons of Horus sont en train d’être submergés par la Raven Guard, qui les a engagés dans les tunnels après avoir coupé les lumières et brouillé les détecteurs.
Au sud, les Salamanders prennent le dessus sur la Death Guard, mais les fils de Mortarion s’accrochent et utilisent tout ce qu’ils ont pour stopper l’avance.
Plus inquiétant, les Iron Hands sont en train d’écraser les Emperor’s Children.

Maloghurst demande s’il doit envoyer des renforts, mais Horus l’interdit : c’est l’honneur de Fulgrim et de ses fils de supporter le plus gros de l’assaut.

Dans les tunnels, Kaedes Nex a trouvé sa première proie : Horus Aximand. L’embuscade est parfaite et Aximand est blessé, mais il y a trop de Sons of Horus, et l’arrivée des Reavers d’Ekaddon fait tourner le combat à l’avantage des rebelles…

Mais à ce moment-là, Corax arrive, et les Sons of Horus préfèrent rompre le combat et se replier au plus vite, abandonnant les moins rapides à la fureur du Corbeau.

Étrangement, les Titans de la Legio Mortis semblent avoir du mal à exterminer les formations de chars des Salamanders : le Dies Irae est même endommagé et forcé de se replier.

En réalité, les esprits de la machine des Titans sont en train de changer et de submerger leurs équipages humains, qui tentent encore de garder le contrôle, ce qui désorganise leur assaut. Mais la puissance brute des Titans, même désordonnés, suffit à rétablir la situation et à massacrer les colonnes de chars.

En orbite autour d’Istvaan V, l’amiral Klave s’apprête à donner le commandement de la flotte à Perturabo, qui se rapproche avec la deuxième vague.

Il reçoit l’ordre de rester en orbite basse ; il va être rejoint par le Premier Capitaine Pech de l’Alpha Legion et le delegatus Grelth des Iron Warriors, afin de coordonner l’intégration des vaisseaux de la première vague à ceux de la deuxième.

Dans la Dépression d’Urgall, la Legio Atarus a terminé son déploiement, et les Titans de la Legio Mortis quittent leurs positions pour aller les affronter. Horus sait qu’il ne pourra rien faire pour empêcher l’affrontement frontal des deux légions et laisse libre cours à la fureur de Mortis.

Pendant ce temps, dans la forteresse, la XIIe Légion (World Eaters) attend l’ordre d’attaque, retenue par la seule présence d’Angron.

Maloghurst informe Horus que Vulkan et Mortarion sont en train de s’affronter au sud et que la première vague atteindra la forteresse dans une vingtaine de minutes…
Bien trop tôt : la deuxième vague est encore à quatre-vingt-dix minutes de son déploiement.

Horus ordonne enfin de lâcher les World Eaters sur le champ de bataille.
La soudaineté et la fureur de la contre-attaque de la XIIe permettent de faire un massacre parmi les loyalistes, sans toutefois enrayer leur avance.

Perturabo, en orbite, ordonne à tous les appareils en vol de se replier et de sécuriser l’approche de la deuxième vague plutôt que d’apporter un soutien aux troupes au sol.
Au strategium, Maloghurst annonce à Horus que la seconde vague commence à se déployer. Horus ordonne à Mortarion, Angron, ainsi qu’à Abaddon et Aximand, de faire reculer leurs troupes en bon ordre pour limiter les pertes. Fulgrim, lui, reste en place.

QUATRIÈME PARTIE — CÉRÉMONIE D’ABATTAGE

Les régiments loyalistes assistent à l’arrivée de la seconde vague, mais quelque chose cloche : les Iron Warriors déposent des fortins mobiles, plantent des lignes d’Aegis et déploient des tourelles, comme s’ils s’enterraient plutôt que de s’apprêter à partir à l’assaut.

Les unités loyalistes se replient vers la zone d’atterrissage pour se réapprovisionner et se soigner avant de repartir à l’assaut…

En orbite, l’amiral Klave s’apprête à manœuvrer son cuirassé pour aller se ravitailler, mais le capitaine Pech lui ordonne d’attendre un instant.

Pech transmet un message au légionnaire Hesperides, un seul mot de code : « Dionysus ». Et Hesperides abat son ami Xaliscus avant de laisser le Dracosian percuter de plein fouet le vaisseau des Iron Warriors qui s’apprêtait à l’accoster.

Pech profite de l’effet de surprise provoqué par cet « accident » en orbite pour exécuter le delegatus Grelth, à la plus grande stupeur de l’amiral Klave.

Pech révèle alors la terrible vérité à Klave : la seconde vague (IVe, XVIIe, VIIIe, XXe) est avec Horus, et Perturabo a mis au point un plan pour détruire ou capturer tous les vaisseaux loyalistes en orbite.

L’« accident » du Dracosian, ainsi que plusieurs autres incidents sur d’autres vaisseaux, va créer de la confusion et mettre à mal tout le plan de Perturabo. Une partie des vaisseaux aura le temps de se défendre, et certains pourront même fuir le système.
Grâce à l’intervention de l’Alpha Legion, le massacre ne sera pas total et la victoire d’Horus ne sera pas complète.

Sur Istvaan V, Horus parle sur toutes les fréquences : « Illuminez-les. » Et le massacre commence…

Le vaisseau de reconnaissance Ad Temperesta, toujours camouflé, collecte le plus d’informations possible et s’apprête à quitter le secteur.

Acronis comprend que, d’ici à son passage dans le Warp, il ne restera peut-être que lui et cinq corbeaux de la XIXe.

Juste avant de passer dans le Warp, il envoie un message en direction de Terra :
contre-attaque impériale massacrée à Istvaan V ; Vulkan et Corax portés disparus ; Ferrus Manus mort ; Night Lords, Iron Warriors, Alpha Legion et Word Bearers avec Horus.

Sur Terra, dans une tour dominant le Palais impérial, l’astropathe Armina Fel veille depuis sept heures et demie. Elle reçoit la vision, comprend la nouvelle et se lève en pleurs. Le voile du secret se déchire : la galaxie va apprendre ce qui vient d’être scellé sur Istvaan V.

Personnages

Les Primarques

Fulgrim – Le Phénicien
Fulgrim, primarque des Emperor’s Children, est celui qui a préparé les défenses d’Istvaan V et qui présente le plan général lors du conseil de guerre précédant l’attaque.
À ce sujet, il s’oppose à Angron, qui veut défier les loyalistes en face plutôt que de leur tendre un piège.
Il est arrogant et sûr de lui. Il prévient Maloghurst qu’il fera ce qui doit être fait pour le bien de la mission (sous-entendu : tuer Angron s’il le faut).
On a longtemps pensé qu’il était proche d’Horus et que ce dernier lui faisait confiance, mais au vu du déroulement de la fin de la bataille, on peut se demander s’il n’est pas simplement un pion de plus entre les mains de son frère.
Vers la fin de la bataille, alors que toutes les forces d’Horus reçoivent l’ordre de se replier pour limiter les pertes, lui et les Emperor’s Children sont délibérément laissés en arrière pour encaisser de plein fouet l’attaque de Ferrus Manus.

Rogal Dorn – Praetorian of Terra
Primarque des Imperial Fists, et en tant que Prétorien de Terra, il ordonne l’attaque contre les forces d’Horus après une réunion avec Malcador, Valdor et Krole.

Horus – Le Maître de Guerre
Horus est sûrement à l’apogée de son art — ou du moins bien au-dessus de ce qu’on verra ensuite dans la suite de l’Hérésie d’Horus. Il a tout prévu depuis des mois (voire des années ?). Son plan est imparable (je l’explique plus loin) : il est dans la tête de ses ennemis comme de ses alliés, et il a anticipé chacune de leurs actions (sauf celle de l’Alpha Legion, mais ça…).
Son plan réussit à une poignée de minutes près, mais il n’a pas l’air surpris. Comme il garde la maîtrise tout le reste du roman, on peut lui laisser le bénéfice du doute.
Ce qui m’a le plus frappé, c’est le moment où j’ai compris qu’il a manipulé Fulgrim depuis le début… Il a besoin que ce soit un Ferrus Manus fou de rage qui dirige la flotte de rétribution ; et quand il titille la corde sensible de Fulgrim en l’envoyant recruter Ferrus, il sait que ça ne marchera pas.
Mais cela a un double objectif : Fulgrim veut se racheter auprès de son frère, lui montrer qu’il est quelqu’un de confiance. Et quand Horus ordonne la retraite en laissant Fulgrim et les Emperor’s Children encaisser de plein fouet l’assaut loyaliste, Fulgrim ne trouve rien à redire — il y voit même une occasion de se racheter.
C’est la seule fois, dans toute l’Hérésie d’Horus, où je vois Horus en contrôle total et où il fait la preuve de son génie tactique et stratégique. Peut-être parce qu’à ce moment-là il est encore totalement lucide, et que les dieux du Chaos n’ont pas encore commencé à infuser le warp à travers lui…

Angron – L’Ange Rouge
Il est le seul primarque rebelle à contester le plan d’Horus. Il veut affronter ses ennemis face à face et ne veut pas d’un plan impliquant une trahison.
Il cherche par tous les moyens à prévenir les loyalistes de l’embuscade, parce que ce ne serait pas honorable de ne pas le faire. Ses frères ne le prennent pas au sérieux (sauf Horus, qui va le stopper au dernier moment).
John French joue avec nous et nos préjugés : on a l’habitude de voir Angron comme un fou furieux, totalement sous l’emprise des clous de boucher, mais comme s’en rend compte Khârn, il reste malgré tout un primarque. Il s’est joué de ses frères, faisant étalage de sa fureur tout en étudiant la situation et en préparant un plan pour avoir accès au dispositif de communication extraplanétaire.
Malheureusement, Horus voit clair dans son jeu et s’interpose. Ils se combattent : Horus finit par le vaincre, et Angron suit les ordres.

Mortarion – Le Faucheur
Mortarion intervient très peu. Il s’interpose entre Angron et Fulgrim pour les empêcher de s’affronter, mais ne prend position ni pour l’un ni pour l’autre.
Il essaie de limiter l’utilisation des psykers et des puissances du warp par les forces d’Horus, mais il commence à se rendre compte que c’est peine perdue.
Pendant la bataille finale, il engage un duel contre Vulkan, mais cela se solde par un match nul.

Corvus Corax – Le Corbeau
Sa première réaction à la réception du message de Dorn est d’envoyer un vaisseau vérifier l’exactitude des faits. Il fait ensuite tout pour retenir Ferrus, en espérant que Vulkan arrive à temps pour prendre le contrôle de la flotte.
Mais il reste fidèle à son frère et lance sa Légion dans la bataille, sans arrière-pensée.
Il est porté disparu à la fin du massacre du site d’atterrissage.

Ferrus Manus – La Gorgone
Il est fou de rage depuis que Fulgrim lui a proposé de trahir l’Empereur, et il prend la tête de la flotte de rétribution, profitant du fait que Vulkan ne se manifeste pas (ses communications sont perturbées par l’Alpha Legion).
Il rejette toute idée de retenue ou de temporisation : il veut une attaque frontale au sol, en fonçant droit sur la cible. Il n’accepte même pas de prendre le temps de rassembler des forces avant de partir pour Istvaan, fixant le point de rassemblement en orbite de la planète… Même s’il essaie de justifier cela par des impératifs tactiques et stratégiques, ses frères ne se laissent pas duper et finissent par le confronter.
Oui, Horus et les traîtres doivent être punis, mais c’est devenu personnel depuis que Fulgrim a cru qu’il pourrait trahir à son tour. Son honneur et sa loyauté ont été mis en doute, et il ne peut pas le supporter…
Malgré tout, le plan de Ferrus Manus est à deux doigts de réussir : la charge initiale de la première vague est à quelques minutes de déborder les défenses des rebelles quand la deuxième vague se pose enfin sur la planète.
La première vague se replie donc sur les positions arrière pour se réapprovisionner, et se fait massacrer par l’arrivée des traîtres de la deuxième vague.
Si Ferrus et la première vague étaient entrés dans la forteresse d’Horus quelques minutes plus tôt, il aurait refusé de faire demi-tour, et tout aurait été terminé sur Istvaan V. Les loyalistes auraient sûrement succombé à l’arrivée des traîtres de la deuxième vague, mais les Sons of Horus, la Death Guard, les World Eaters et les Emperor’s Children auraient été dévastés et incapables de continuer le combat.
Au final, il se fait tuer en duel par Fulgrim…

Vulkan – Le Prométhéen
La voix de la sagesse. Après avoir reçu le message de Dorn, il essaie de regrouper les forces loyalistes autour de Beta-Garmon pour constituer un corps expéditionnaire que rien ne pourra vaincre.
Il aurait normalement dû prendre la direction de la flotte de rétribution, mais ses communications étant brouillées par l’Alpha Legion, il ne peut pas entrer en contact avant qu’il ne soit trop tard, et il rejoint ses frères en orbite d’Istvaan…
Il est porté disparu après la bataille.

Perturabo – Le Seigneur du Fer
Très peu présent dans ce roman, il arrive avec la deuxième vague et prend le contrôle de la flotte en orbite, dans le but de refermer le piège et de détruire intégralement la flotte de rétribution.
Il fait la même analyse que Maloghurst, Ingo Pech et d’autres : les loyalistes sont en train de gagner. Il détourne donc l’appui aérien pour empêcher le front des rebelles de s’effondrer complètement.

Lorgar Aurelian – L’Urizen
Rien d’intéressant sur lui dans ce roman.

Alpharius / Omegon – L’Hydre
Ils sont tellement en phase l’un avec l’autre qu’ils se permettent de répondre chacun leur tour à Horus.
Ils suivent les ordres d’Horus en empêchant Vulkan de prendre la direction de la flotte de rétribution, mais dans le même temps, ils se rangent du côté de Corax et essaient de lui faire comprendre que c’est un piège, et que Ferrus ne devrait pas foncer tête baissée.
Même s’ils se retrouvent du côté d’Horus, ils font tout pour limiter les pertes des loyalistes, ce qui nous laisse penser qu’ils restent en réalité du côté loyaliste. Mais on voit bien qu’ils mentent aussi bien à Horus qu’aux loyalistes, et qu’ils font bande à part.

Les Légions Astartes

La III Legion — Emperor’s Children Fabius — Lieutenant Commander, apothicaire en chef Avec Sota-Nul, il a pour mission de trouver un moyen de perturber les communications entre les loyalistes, ce qu’il fera en transformant Appius Calpurnius en Kakophoni Orchestrator. Après la bataille, alors qu’il est en train de piller les cadavres pour ses expériences, Fulgrim lui offre le corps de Ferrus Manus en cadeau, mais refuse de lui donner sa tête, qu’il réserve à Horus.

Appius Calpurnius — Kakophoni Orchestrator Il est manipulé par Fabius Bile qui, avec l’aide de Sota-Nul, le transforme en Kakophoni Orchestrator : une sorte de Kakophoni bien plus puissant, capable de perturber les communications vox longue distance des loyalistes. De plus, il exerce une influence non négligeable sur les autres Kakophoni, les rendant plus puissants et plus dévastateurs.

La IV Legion — Iron Warriors Forrix — Premier Captain des Iron Warriors C’est lui qui se retrouve aux commandes de la flotte en orbite lorsque Perturabo descend sur la planète.

La X Legion — Iron Hands Castrmen Orth — Fer de lance, centurion du clan Avernii Il commande les formations blindées des Iron Hands à bord de son Fellblade nommé Rashemion. Il affronte principalement les Emperor’s Children et les Kakophoni. Il est mortellement blessé, puis capturé par Fabius Bile. Juste avant de sombrer dans l’inconscience, il voit Fulgrim arriver avec la tête de Ferrus Manus à sa ceinture, ce qui déclenche un choc psychologique et le rend fou.

La XII Legion — World Eaters Khârn — Le Sanglant, capitaine de la Huitième Compagnie, écuyer du primarque Il a été grièvement blessé pendant les combats sur Istvaan III, et il est même mort. Il est sauvé par l’apothicaire Kargos, mais depuis son retour, il n’a plus de connexion nerveuse : il ne peut plus utiliser son armure et ne ressent plus l’influence des clous de boucher. Il reste fidèle à Angron et refuse de l’influencer. Lors de la bataille finale, il part au combat dans son armure (à laquelle il n’est pas connecté), grandement diminué. Il manque plusieurs fois de se faire tuer, puis finit par être à nouveau blessé à mort. Mais cette fois, des visions l’assaillent : des chiens démoniaques lui demandent de choisir entre la mort et la voie de la violence. Il choisit la violence, se laisse submerger par la rage et commence à massacrer tout ce qu’il croise. Les Clous recommencent à mordre, et il se sent vivre à nouveau.

La XVI Legion — Sons of Horus Ezekyle Abaddon — Premier Capitaine Il n’a pas un grand rôle dans le roman, mais Maloghurst se sert de sa proximité avec Khârn pour l’envoyer convaincre ce dernier de calmer Angron…

Maloghurst — Le Tordu, écuyer du Maître de Guerre Bien qu’il ait une confiance absolue en Horus, il a pleinement conscience de la fragilité de l’alliance entre ses frères. Il passe le plus clair de son temps à essayer de faire cohabiter des Légions qui ne s’entendent pas vraiment. Il estime que ce n’est pas une bonne idée de les garder tous au même endroit, et qu’il vaudrait mieux disperser les Légions et les Primarques pour les empêcher de se battre entre eux. Il a une préoccupation majeure : Angron, qui veut absolument prévenir les loyalistes de l’embuscade prévue par Horus et Fulgrim. Pour cela, il envoie Abaddon parler à Khârn. Il n’arrivera pas à gérer la situation, et au final, c’est Horus qui s’en chargera.

Kalus Ekaddon — Captain of the Catulan Reavers Kalus Ekaddon, chef des Catulan Reavers des Sons of Horus, a été envoyé pour surveiller Aximand : il existe un doute sur la loyauté de ce dernier, et Ekaddon l’harcèle tout au long de la bataille en remettant en cause son courage. Pourtant, à l’arrivée de Corax, c’est Ekaddon qui fuit le premier, entraînant Aximand de force alors que ce dernier veut se battre.

Horus Aximand — capitaine de la Cinquième Compagnie (« Little Horus ») Il a été assigné à la garde des tunnels menant à la forteresse. Il encaisse de plein fouet l’attaque de la Raven Guard et manque d’être tué par Kaedes Nex, mais il parvient à repousser l’assaut. À l’apparition de Corax, il ordonne la retraite, faisant écho à l’injonction d’Ekaddon.

La XVIII Legion — Salamanders Cassian Vaughn, dit Cassian Dracos — Le Dragon revenant Cassian Vaughn était le commandant de la Légion des Salamanders avant que Vulkan ne soit retrouvé. Il a été grièvement blessé pendant une campagne contre les Orks, puis incarcéré dans un Dreadnought. Il a fini par être atteint du même mal que tous les Dreadnoughts « vieillissants » : il a commencé à mélanger ses souvenirs et à se réveiller de moins en moins souvent. Il était ami avec Horus à l’époque où ce dernier était maître de Légion, et il a du mal à comprendre comment on en est arrivé là. Il finit par affronter Horus au point culminant de la bataille, mais il est fracassé et laissé pour mort par un coup de marteau du Maître de Guerre.

Orasus — Légionnaire Rien de spécial à dire sur lui, sinon que dans le Black Book 3 de la première édition de l’Hérésie d’Horus, il est tué par l’Alpha Legion, alors qu’ici il est tué par les Iron Warriors.

La XIX Legion — Raven Guard Kaedes Nex — Moritat Prime, “Blood Crow” C’est un tueur d’élite. Il ne va pas sur Istvaan V pour participer à la bataille, mais pour traquer les commandants de l’armée adverse et les éliminer. Il traque Aximand, tue tous ses gardes du corps et manque de le tuer à deux doigts près, avant que des renforts n’arrivent et ne le submergent. Il ne doit sa survie qu’à l’arrivée de Corax, qui fait fuir toute une compagnie de Sons of Horus.

La XX Legion — Alpha Legion Ingo Pech — First Captain (Alpha Legion) C’est lui qui commande et coordonne la « trahison » de l’Alpha Legion. Pendant que son Primarque se rend sur Istvaan pour rejoindre Horus, c’est lui qui est en charge du « sabotage » du plan destiné à détruire la flotte impériale. C’est grâce à ce plan qu’une partie de la flotte et des Légions loyalistes survivent. Quand un commandant impérial lui demande pourquoi il agit ainsi alors qu’il a trahi, il répond que l’Alpha Legion le fait pour l’Empereur…

Hesperides — Légionnaire Il a été détaché auprès des Salamanders bien des années plus tôt et combat à bord du Dracosian. Il reçoit le code « Dionysus » ; il exécute alors son ami Xaliscus et sabote le navire afin qu’il percute le Thrall of Olympus, déclenchant une série d’événements qui permet à une part non négligeable de la flotte loyaliste de s’échapper.

Exodus — “The One Who Is Many” John French a bien caché le personnage : le nom Exodus n’apparaît pas dans le roman. On n’y voit qu’un tireur d’élite de l’Alpha Legion opérant sous le nom de code « Eleos », un pion parmi tant d’autres… Eleos est la déesse de la pitié chez les Grecs. Il permet à plusieurs loyalistes de survivre en empêchant plusieurs embuscades et en abattant de nombreux traîtres.

Le Mechanicum

Sota-Nul — ambassadrice du Fabricator General de Mars
Elle travaille en étroite collaboration avec Fabius Bile pour « créer » le Kakophoni Orchestrator, capable de brouiller toutes les communications sur le champ de bataille.

La Legio Titanicus

Jonah Aruken — princeps-héraut de la Legio Mortis, aux commandes de Penumbral Reaper
Jonah Aruken, qui a trahi son ami Titus Cassar à bord du Dies Irae au cours de la bataille d’Istvaan III, a été promu princeps de son propre Titan. Il est malheureusement tourmenté par des visions de son ancien « ami » et finit par succomber au démon qui le hante, devenant ainsi l’un des premiers Titans-démons de la Legio Mortis.

L’Adeptus Astra Telepathica

Armina Fel — astropathe affectée à Rogal Dorn
Armina Fel est celle qui envoie le message demandant aux forces impériales disponibles de se rassembler. Elle l’envoie en clair pour que tous comprennent ce qui est en train de se passer. Et c’est également elle qui recevra le message annonçant le massacre du site d’atterrissage.

Autres

Malcador — le Sigillite, régent de l’Imperium
Même si c’est Dorn qui ordonne la réponse impériale, c’est Malcador qui tranche en dernier ressort. Il ordonne de déployer toute la puissance impériale et de détruire Horus et ses troupes.
La précipitation de Ferrus va quelque peu ruiner ces plans.

Constantin Valdor — capitaine-général de la Legio Custodes
C’est le seul à ne pas vouloir attaquer Horus tout de suite. Il pense qu’Horus connaît trop bien ses frères, qu’il sait qu’ils vont attaquer, et que tout cela est un piège.
Selon lui, ils ne devraient pas suivre leur instinct, mais réfléchir à une autre solution.

Jenetia Krole — chevalier-commandant des Sœurs du Silence
Jenetia Krole est peut-être la plus lucide des membres de la réunion déclenchant la riposte impériale. Elle a conscience qu’ils n’ont pas vraiment le choix : Horus doit être arrêté, la guerre est inévitable, et ils sont obligés d’agir.
Note : John French se permet un trait d’humour avec Krole. Quand Malcador l’interpelle en lui disant : « On ne vous a pas encore entendue, quel est votre avis ? », elle répond en souriant : « Ça vous étonne ? »

Le plan d’Horus

Une chose m’a toujours frappé dans l’Hérésie d’Horus : Horus n’a pas l’air aussi impressionnant qu’il devrait l’être. En général, ses plans sont mis en échec, ou bien ils réussissent de justesse. John French nous montre ici un Horus en pleine possession de ses facultés, avant de commencer à sombrer sous l’influence du Chaos. Il est déjà sous leur emprise, sa chute a déjà commencé, mais il reste le génie tactique et stratégique qu’on nous décrit pendant la Grande Croisade.
Il a donc préparé un plan digne de lui : il a conscience que ses frères ne sont pas gérables et qu’il doit les garder à portée de main, sinon il ne pourra pas les contrôler. Il sait aussi que les tenir tous au même endroit, avec leurs légions, comporte un risque : ils pourraient se battre entre eux.
Il doit donc tenir compte de cela dans ses plans, ainsi que du fait qu’il va devoir aller vite : il ne peut pas se permettre d’affaiblir l’Imperium dans une longue guerre.
Le problème, c’est qu’il n’a pas l’avantage. Les troupes loyalistes sont bien trop nombreuses, et il a besoin de détruire trois légions pour rétablir l’équilibre. Il va donc préparer le piège d’Istvaan V.
Et là, on arrive à un premier petit éclaircissement de l’histoire : pour que son plan réussisse, il faut que les Impériaux se précipitent sur Istvaan et attaquent sans attendre. Plus le temps passe, plus les forces d’Horus risquent de se désunir.
Il a donc besoin que ce soit Ferrus Manus qui commande les troupes, plutôt qu’un Vulkan, plus posé, qui prendrait le temps de réunir une armée implacable. Et ça tombe bien : Ferrus Manus est fou de rage depuis que Fulgrim a essayé de le retourner contre l’Empereur. Et on ne peut pas s’empêcher de se demander si Horus n’avait pas prévu que Ferrus ne se retournerait pas contre l’Empereur, et s’il n’a pas laissé Fulgrim se couvrir de ridicule en allant tenter de le convaincre. Le but d’Horus aurait alors été, en réalité, que Ferrus prenne le commandement de la flotte de rétribution.
Il fait sortir du système les flottes sous ses ordres, pour laisser penser qu’elles sont parties chercher des renforts, ou qu’elles attendent que le combat s’engage pour tomber sur l’arrière des loyalistes, ce qui va conforter Ferrus dans son idée d’un assaut rapide.
Horus a choisi Istvaan V parce que la planète est dépourvue de végétation et qu’elle ne possède plus de noyau magmatique, ce qui rend impossibles plusieurs formes d’Exterminatus. Il reste bien le bombardement orbital, mais les positions des traîtres sont trop bien préparées, et ce serait un combat trop long.
Si, dans les grandes lignes, son plan marche, il y a deux petits soucis.
Premièrement, son plan tient à une dizaine de minutes près : il s’en est fallu de dix minutes pour que les loyalistes menés par Ferrus Manus n’entrent dans la forteresse. À ce moment-là, ils n’auraient pas fait demi-tour pour retourner sur leurs positions et se réapprovisionner, tombant ainsi dans le piège du site d’atterrissage. On ne sait pas si Horus s’est laissé surprendre par la fureur de Ferrus, ou si tout était calculé à la minute près.
Deuxièmement, la trahison de l’Alpha Legion permet aux loyalistes de fuir et de ne pas être exterminés. Cela va sauver la suite de la campagne côté loyaliste. La perte de l’intégralité des forces envoyées sur Istvaan V aurait été fatidique pour l’Imperium.

Le plan d’Alpharius et Omegon

Avec ce roman, on a la confirmation de ce que l’on soupçonnait depuis longtemps : Alpharius et Omegon jouent leur propre jeu depuis le début.
Ils ne suivent pas aveuglément les ordres de la Cabale. Ils ne sont pas non plus du côté d’Horus, et on n’est pas vraiment sûr qu’ils soient du côté impérial, même s’ils le disent à plusieurs reprises. Ils n’empêchent pas le massacre d’Istvaan V, mais ils s’arrangent pour qu’il ne soit pas complet, en permettant à de nombreux vaisseaux des flottes loyalistes de fuir avec leur équipage et les unités qu’ils ont réussi à récupérer.
On voit donc que, dès le départ, l’Alpha Legion joue son propre jeu.

Conclusion

Eh bien, John French ne nous avait pas menti : la troisième partie est une publicité pour le contenu de la boîte de lancement de l’Hérésie d’Horus (3e édition), mais le reste du roman nous permet de mieux comprendre comment on en est arrivé là.
Il développe la psychologie des primarques, et on comprend mieux l’état d’esprit de Ferrus Manus. On voit aussi Horus au sommet de sa forme, pas encore diminué par les Puissances de la Ruine, et capable d’anticiper ses adversaires.
Au final, je suis agréablement surpris par ce roman, dont je n’attendais pas grand-chose.