Pilgrims of fire
Par Gilian
Avant-propos
Roman annoncé lors de la Black Library Preview Online de décembre 2022, pour une sortie en mai 2023. J’avoue qu’à l’époque, j’avais choisi de passer à côté : il y avait tellement de romans qui paraissaient en même temps.
Justin D. Hill étant davantage connu pour ses romans sur Cadia que pour ceux consacrés aux Sœurs de Bataille, voyons ce qu’il nous a réservé.
L’histoire du livre
Parmi toutes les guerrières dévouées de l’Adepta Sororitas, aucune n’est aussi renommée ni aussi avide de combat que celles de l’Ordre de Notre-Dame Martyre. Pourtant, tandis que d’autres recherchent la gloire à travers leur propre martyre, Sœur Helewise est déterminée à rester en vie, afin que sa mort puisse servir un dessein plus grand, lorsque le Dieu-Empereur le voudra.
Affectées à la flotte Quintus de la Croisade Indomitus, Helewise et ses sœurs suivent une ancienne route de pèlerinage afin de redécouvrir et libérer le monde-sanctuaire de Cion, jadis bastion sacré de leur ordre. En retraçant les pas de Sainte Catherine elle-même, leur foi sera mise à rude épreuve, alors qu’elles tentent de découvrir ce qu’il est advenu de leurs sœurs stationnées dans les secteurs infestés de démons, au-delà de la Cicatrix Maledictum.
Alors que leur mission n’est qu’une succession de catastrophes et que la voix de l’Empereur s’éteint peu à peu, les Sœurs de Bataille doivent s’en remettre à leurs bolters, à leurs lames et à leurs liens indéfectibles pour repousser les ténèbres de l’Imperium Nihilus.
L’Histoire avec un grand H
Prélude
Les Jamais-Nés pressent contre la « peau » séparant le Warp de la réalité. Parfois, la frontière devient si mince que des lambeaux d’énergie du Warp suintent à travers : des êtres affamés. Ceux qui perçoivent ces phénomènes éprouvent un frisson, une peur diffuse, comme si une ombre passait sur leur âme.
Lorsqu’une déchirure se referme, presque tout ce qui a réussi à traverser est aspiré en arrière. Presque tout… Mais parfois, un seul résidu demeure : il attire l’œil d’un enfant… qui finit par l’attraper. Or, dans sa main, il n’y a rien — juste trois petits points qui finiront par le tuer…
Partie 1 : Dans le passé, sur la sainte Cion
Malgré la guerre dans le secteur Obscurus, une flotte de pèlerins quitte Ophelia VII pour suivre la Route de Feu, qui doit les mener jusqu’à la sainte Cion.
Le voyage est un calvaire. Des millions meurent de maladie et de faim. D’autres tombent sous les attaques de xenos, de renégats ou de pirates. Ceux dont la foi se brise s’égarent et finissent dans une existence de pénitence et de prière. Pourtant, au bout d’une décennie, il reste encore un milliard d’âmes, soudées par une foi devenue plus dure que le métal. Leur dernière épreuve est la traversée désespérée des Fey Straits jusqu’à sainte Cion, un passage où sainte Katherine elle-même a été repoussée deux fois par le Grand Ennemi.
La flotte finit par sortir du Warp et arrive à destination.
Sur Cion, la chanoinesse Ysolt est avertie de l’arrivée de la flotte de pèlerins, et le doute l’assaille… Cion est au bord de la famine ; les tempêtes Warp sont de plus en plus fréquentes et violentes, isolant le système… Mais elle se doit d’accueillir les pèlerins, même si cela ne semble pas une bonne idée.
Pendant ce temps, dans les profondeurs de l’abbaye, Sœur Lizbet, de la Lame Sacrée, vient en aide à une jeune servante malmenée par sa supérieure. Mais le répit est de courte durée et, dès que Lizbet a le dos tourné, la servante — du nom de Branwen — est expulsée de l’abbaye par sa supérieure.
Laissée seule à son sort, Branwen prend la route de la ville de Bolt, située en contrebas du monastère, où elle espère trouver au moins un endroit où dormir, et peut-être à manger. Mais la ville est au bord de la famine et ravagée par la maladie : les cadavres jonchent les rues, et des prédicateurs fous annoncent la fin du monde.
Voulant éviter toute cette agitation, elle s’engage dans une ruelle, où elle trouve une femme couchée sur le sol, en train de mourir. Elle ne peut s’empêcher de s’approcher et de prier pour elle… Alors qu’elle chante des louanges, la vieille dame arrête de tousser et revient peu à peu à la vie…
Miracle pour la populace, mais hérésie pour les Sœurs de Bataille : une escouade est envoyée pour la capturer et la ramener à l’abbaye, afin de lui faire subir un interrogatoire et de décider de son sort.
Partie 2 : Dans le présent, sur le monde-sanctuaire d’Ayaan
Le Seigneur Général Sandvig a organisé une grande réception dans la capitale pour fêter la fin de la révolte des Fang Takers : la croisade va pouvoir reprendre son cours, avec de nouvelles conquêtes.
Mais alors que la fête bat son plein, l’inconcevable se produit : une explosion Warp tue la majorité des officiers présents aux festivités, décapitant par la même occasion toute l’armée impériale.
Heureusement, Sœur Dialogus Dovere, présente à la réception, comprend qu’il ne s’agit pas du dernier soubresaut de la révolte, mais des prémices de quelque chose de plus grave, et elle alerte ses sœurs en position dans la ville.
Au même moment, une attaque générale des hérétiques a lieu à chaque entrée de la ville. Les Sœurs vont devoir tenir le temps que les renforts arrivent. C’est la Sœur Supérieure Helewise qui commande la défense de la cité : c’est sa première affectation, et elle ne dispose que d’une escouade de Sœurs de Bataille, la capitale étant réputée sûre.
Elle décide de concentrer ses forces autour de la cathédrale et de résister le plus longtemps possible face aux milliers d’hérétiques qui arrivent en masse.
Au même moment, dans le désert, faisant route vers la capitale, le 17e Savlar Chem Dogs tombe sur une colonne blindée d’hérétiques qui se dirige dans la même direction qu’eux. Le combat s’engage…
À la tombée de la nuit, les Sœurs de Bataille sous les ordres d’Helewise ne sont plus que cinq, mais elles ont tenu jusqu’à l’arrivée des renforts commandés par la Sœur Supérieure Lanete. Dans le même temps, de l’autre côté de la ville, les Chem Dogs arrivent eux aussi victorieux, mais dans un piteux état.
Après les combats et l’extermination méthodique de tout ce qui semble, de près ou de loin, hérétique par les Sœurs de Bataille, ces dernières reçoivent l’ordre d’embarquer à bord du Vigorous. Le 17e Savlar Chem Dogs, au vu de ses actions pendant la campagne, reçoit l’insigne honneur de monter lui aussi à bord du Vigorous afin de rejoindre le groupe de bataille Phaedra.
Partie 3 : Dans le présent, aux abords de la Grande Faille
L’Indomitus Crusade est divisée en dix grandes flottes, elles-mêmes fractionnées en groupes de bataille. Le groupe de bataille Phaedra appartient à la flotte Quintus, surnommée la « Maudite Cinquième », et se rassemble au bord de la Grande Faille.
À bord du vaisseau amiral de la flotte, le cuirassé Pax Imperialis, le Seigneur Général Gnaerac, qui prépare la traversée de la Faille, reçoit une mauvaise nouvelle : la flotte de ravitaillement Gamma a disparu corps et biens dans le Warp.
Elle devait apporter tout le ravitaillement nécessaire à la traversée de la Faille, et il faudra des années avant de pouvoir réunir une nouvelle flotte de ravitaillement… des années qu’il est impossible d’attendre.
Il ne peut plus traverser, et il ne peut pas non plus maintenir la flotte en place : sans ravitaillement, les régiments et les équipages vont vite mourir de faim. Il décide donc de réunir le conseil de guerre.
La solution vient de la Palatine Albreda, qui commande le contingent des Sœurs de Bataille. Quinze ans plus tôt, en quittant sainte Terra, ils ont juré de ramener la lumière de l’Empereur dans l’Imperium Nihilus. Cela fait cent ans que la Cicatrix a coupé l’Imperium en deux, et ce n’est pas la perte d’une flotte de ravitaillement qui doit leur servir d’excuse pour ne pas poursuivre leur sainte croisade.
C’est elle et ses sœurs, à bord du Daughter of the Emperor, qui ouvriront la voie et serviront de fanal au reste de la flotte.
Le Seigneur Général Gnaerac annonce que le Pax Imperialis fera le voyage en même temps, et les préparatifs du départ commencent.
Après vingt et un jours de prière et de jeûne, les deux vaisseaux et leur flotte d’escorte plongent dans le Warp…
Resté en arrière, le général Qartermayne prépare déjà un plan de translation pour la flotte. Mais quelques heures seulement après l’entrée en Warp de Gnaerac, on lui annonce que le Pax Imperialis est revenu — et qu’il est totalement détruit.
Pour lui, c’est un signe du manque de foi de Gnaerac. Il ordonne que la flotte entière se prépare à la traversée, qui aura lieu dans une semaine. Plus de demi-mesure : l’Empereur veille, et il attend des actes forts.
Partie 4 : Dans le présent, dans l’Immaterium
Le vaisseau Daughter of the Emperor met, d’après son chronomètre, quarante-trois jours à traverser la Cicatrice et à arriver de l’autre côté.
La traversée n’a pas été de tout repos : à plusieurs reprises, le vaisseau a failli être broyé par le Warp déchaîné. Les champs Geller ont cédé à plusieurs endroits et des incursions démoniaques ont dû être repoussées à maintes reprises. Pourtant, miraculeusement, le vaisseau a réussi à franchir la faille.
Malgré cette réussite, ce n’est pas vraiment une victoire : un tiers de l’équipage est mort et, surtout, les Sœurs ne sentent plus sa présence. Elles sont seules, sans lien avec l’Empereur.
Seules et perdues, la Palatine Albreda ordonne de faire route vers le système le plus proche afin de déterminer où le vaisseau est ressorti du Warp. Mais une fois sur place, ils ne trouvent que ruines et désert : tout a été détruit, toute vie anéantie. Après de longues recherches et explorations, Sœur Dialogus Dovere finit par identifier le système et la planète.
Il s’agit du Sépulcre d’Aoid, le lieu où sainte Katherine lança sa première Guerre de Foi : le début de la route appelée Pèlerinage de Feu, qui menait jusqu’à la sainte Cion.
Albreda refuse d’y voir une bénédiction (par crainte de l’orgueil), mais Dovere montre une image d’archives : une grande ziggourat de marbre, des statues, des feux d’encens… un lieu de pèlerinage. D’après les écrans de données, le tombeau d’Aoid se trouverait sur la masse continentale nord — mais des tempêtes de poussière y font rage depuis leur arrivée. Albreda tranche : ils doivent s’y rendre, et c’est elle qui mènera l’expédition.
Pour Albreda, la voie est claire : elles vont retracer les pas de la sainte et accomplir le Pèlerinage de Feu.
Partie 5 : Dans le passé, sur la sainte Cion
Sœur Lizbet se prépare. Elle a été choisie (contre son gré, car elle ne se sent pas digne) pour jouer le rôle de sainte Katherine pendant le festival qui doit se dérouler à l’arrivée des pèlerins.
Les vaisseaux sont en orbite, et le festival va commencer.
Pendant ce temps, Branwen est interrogée par Sœur Dogmata Morgaulat et la chanoinesse Ysolt. Peu à peu, ces dernières commencent à croire qu’il s’agit d’un miracle et non d’une hérésie, mais elles décident d’attendre la fin des festivités pour se prononcer définitivement.
Alors que le festival bat son plein, la réalité se déchire : à l’autre bout de la galaxie, Cadia vient de tomber…
Une pluie de sang s’abat sur Cion. Les démons déferlent du Warp. Certains pèlerins se mettent à chanter des cantiques hérétiques. Sur le Champ de la Victoire, le massacre commence…
Les Sœurs de Bataille se battent avec courage, mais elles sont dépassées par le nombre. C’est à ce moment-là que Gloranthrax, le démon majeur de Nurgle, entre dans le Materium pour affronter Lizbet…
Partie 6 : Dans le présent, dans l’Imperium Nihilus
La découverte du Sépulcre d’Aoid avait redonné une direction à la mission d’Albreda, mais plus le Daughter of the Emperor avance sur la route du pèlerinage, plus l’espoir retombe.
Au fil du voyage, les mondes vénérés apparaissent défigurés et souillés : chaque planète a été détruite ou altérée d’une manière qui fait écho aux exploits de sainte Katherine. Les démons du Warp connaissent l’histoire du pèlerinage et le profanent intentionnellement.
Mais pire encore : le Daughter of the Emperor est suivi. La foi et les prières des Sœurs agissent comme un phare et attirent toujours plus de vaisseaux ennemis. Chaque translation Warp est plus difficile que la précédente ; chaque retour dans le Materium se transforme en embuscade.
Le vaisseau et son équipage sont à bout. Heureusement, ils arrivent au dernier saut de leur voyage et effectuent enfin la translation en direction de Cion.
Partie 7 : Dans le présent, dans l’Imperium Sanctus puis l’Imperium Nihilus
De l’autre côté de la Grande Faille, le groupe de bataille Phaedra, de la « Maudite Cinquième », avance vers la limite du système et commence son saut Warp en direction de l’Imperium Nihilus.
De l’autre côté de la Cicatrice, le Daughter of the Emperor sort enfin du Warp, à proximité de la sainte Cion.
Mais, une fois encore, l’ennemi les attendait. Comprenant qu’elles sont arrivées au terme du voyage, la Palatine Albreda ordonne d’utiliser toutes les munitions restantes à bord. Après un combat acharné, l’espace est enfin dégagé.
Les Sœurs de Bataille ont perdu la moitié de leurs effectifs depuis le début du Pèlerinage de Feu. Albreda s’apprête désormais à débarquer le reste de ses forces sur une Cion ravagée par le Grand Ennemi, pour un ultime combat.
Partie 8 : Dans le passé, sur la sainte Cion
Sainte Cion est en train de tomber. Sur les Plaines des Pèlerins, les derniers groupes de Sœurs survivantes sont submergés par une marée de démons et de folie. Alors que tout semble perdu, Ysolt voit Lizbet transfigurée combattre le démon Gloranthrax, et, au loin, l’abbaye de la Veille Éternelle qui, inexplicablement, tient les démons à distance…
Elle ordonne aux Sœurs survivantes de se replier vers l’abbaye.
À l’intérieur, devant la statue de la sainte, Branwen est agenouillée. Morgaulat, à ses côtés, annonce à Ysolt que c’est le chant de Branwen qui maintient les démons éloignés.
Après l’arrivée des dernières survivantes de l’attaque, Branwen tombe dans un sommeil profond, exténuée par la tâche qu’elle vient d’accomplir. Malgré tout, le chant continue de repousser les démons.
Lizbet est en proie à une profonde dépression : elle aurait voulu mourir en affrontant le démon, et elle a du mal à accepter d’avoir été sauvée. Ysolt, quant à elle, a conscience d’être face à un miracle, même si elle n’en comprend pas le but : la planète étant tombée, à quoi peut bien servir une poignée de survivantes sur un monde dominé par le Chaos ?
Malgré tout, elle ordonne à Lizbet de se tenir prête à entraîner Branwen, à son réveil, afin d’en faire une Sœur de Bataille capable de combattre à leurs côtés. Lizbet accepte, mais promet que si elle ne trouve pas la mort dans la défense de Cion, elle deviendra une Repentia.
Les années s’écoulent. Le chant ne cesse de résonner dans l’abbaye, et les Sœurs survivantes se défendent du mieux qu’elles peuvent. Les pertes s’accumulent et elles ne sont bientôt plus que neuf survivantes. Mais il ne reste plus d’espoir.
Partie 9 : Dans le présent, sur la sainte Cion
À bout de forces, le Daughter of the Emperor se pose — ou s’écrase — sur la plaine du pèlerinage.
La Palatine Albreda organise ses forces en deux groupes : les Chem Dogs, les auxiliaires et cent Sœurs restent défendre le vaisseau, tandis qu’elle conduit le reste des troupes jusqu’à l’abbaye, afin de comprendre d’où vient le fanal qui les a guidées jusqu’ici.
La bataille sur la plaine du pèlerinage est une boucherie. Les troupes impériales parviennent miraculeusement à contenir les hordes de cultistes et de démons, mais ce n’est qu’une question de temps avant qu’elles ne soient submergées.
La colonne commandée par Albreda arrive à Bolt, au pied de la colline où se trouve le sanctuaire. Le voyage a été étrangement « simple »… mais c’était un piège. C’est à ce moment que Gloranthrax choisit d’apparaître, accompagné d’une nouvelle armée qui submerge les forces des Sœurs de Bataille.
Depuis l’abbaye, Ysolt et les Sœurs survivantes contemplent le massacre sans pouvoir intervenir. Pourtant, loin de se résigner, Albreda parvient à conduire ses troupes jusqu’à l’abbaye et, aux côtés des survivantes, elles affrontent les démons — et Gloranthrax, le démon majeur que rien ne semble pouvoir arrêter.
Alors que le combat tourne à l’avantage du démon majeur, Branwen entre dans la mêlée et se sacrifie pour renvoyer le démon dans le Warp. Au moment de sa mort, une lumière balaie la planète, et tous ressentent la puissance de l’Empereur pendant une fraction de seconde.
Malgré ce dernier sursaut, la bataille est sur le point d’être perdue : il reste bien trop de démons et de cultistes…
Dans le Warp, le groupe de bataille Phaedra est embourbé, loin de la lumière de l’Astronomican, et les Navigateurs sont incapables de rejoindre le Materium. Mais un fanal de pure lumière bleutée fend la tempête Warp et leur permet de translater dans le système de Cion.
La flotte impériale surgit au milieu de la flotte hérétique. Le combat s’engage, et, de son côté, le commissaire général Qartermayne prépare l’assaut orbital sur Cion.
L’arrivée, à point nommé, des renforts impériaux renverse totalement la situation, et les forces du Chaos sont vite mises en déroute.
Épilogue
Une semaine plus tard, sainte Cion est en pleine reconstruction. Elle va servir de base au groupe de bataille Phaedra, et le commissaire général Qartermayne prépare déjà un plan d’expansion depuis la planète vers les systèmes voisins.
3 : Personnages
Lizbet de l’Épée Sacrée
On la voit pour la première fois lorsqu’elle porte secours à Branwen, maltraitée par l’une des cheffes du personnel de l’abbaye. (D’après Branwen, c’est lorsque Lizbet l’a touchée que ses mains ont guéri.)
On la retrouve ensuite lorsqu’elle est choisie pour incarner sainte Katherine lors de la fête du pèlerinage. Elle pense ne pas être digne et ne veut pas de ce rôle, mais elle a été désignée et doit donc se soumettre à la décision de la chanoinesse.
Alors qu’elle incarne la sainte, le voile se déchire et les démons envahissent Cion. Elle affronte le démon Gloranthrax, mais ne parvient pas à le tuer. Cela la conforte encore davantage dans l’idée qu’elle ne méritait pas cet honneur.
Elle forme ensuite Branwen afin d’en faire une Sœur de Bataille. Branwen pense sincèrement que tous les miracles qui lui sont attribués sont en réalité l’œuvre de Lizbet, mais cela ne change rien à l’état d’esprit de cette dernière. Lizbet finit par obtenir l’autorisation de la chanoinesse de devenir Repentia, afin de laver son honneur, si elle survit aux événements de Cion.
La mort de Branwen la conforte dans ce choix et, après avoir survécu à la bataille contre l’avis de toutes ses sœurs, elle devient Repentia.
Branwen
Branwen est une jeune servante qui travaille à l’abbaye. Elle se fait humilier par sa supérieure, mais Lizbet vient à son secours et soigne ses mains blessées. C’est à partir de ce moment que tout change pour elle.
Après avoir été exclue de l’abbaye par Tula, sa supérieure, elle se réfugie en ville et, par le simple toucher et par la prière, commence à soigner les gens atteints de la peste.
Les Sœurs de l’abbaye envoient une escouade pour la capturer, et elle est testée (torturée) afin de déterminer si elle est une hérétique ou s’il s’agit réellement d’un miracle. Il s’avère qu’elle est une sainte — ou, au moins, qu’elle a été touchée par la grâce divine.
Ses chants repoussent les démons et, au final, c’est elle qui sacrifie sa vie pour vaincre le démon majeur de Nurgle et gagner la bataille.
On ne saura jamais vraiment quelle version de l’histoire est la bonne :
Lizbet pense qu’elle n’était pas digne d’avoir été choisie, et que Branwen a donc « récupéré » son pouvoir.
Branwen pense qu’elles ont été choisies toutes les deux, chacune pour accomplir quelque chose.
Palatine Albreda
Elle commande le contingent de Sœurs de Bataille et, après la perte du Pax Imperialis qui les accompagnait, elle prend le commandement des maigres troupes qui se trouvent avec elle.
Elle est originaire d’un monde qui s’est retrouvé coupé de l’Imperium par la Grande Faille. Au moment de ces événements, elle était en pèlerinage avec sa mère, qui meurt de chagrin. Elle est devenue Sœur de Bataille et, pour elle, ce n’est pas une simple mission : trouver un passage à travers la Faille est une nécessité, presque un devoir personnel.
Elle se joint à la Navigatrice et la soutient par ses prières, ce qui accélère le vieillissement de celle-ci, mais leur permet d’atteindre sainte Cion.
C’est en grande partie grâce à sa foi inébranlable, à sa diplomatie et à l’autorité naturelle qu’elle dégage qu’elle parvient à conserver la cohésion et le moral à bord de son vaisseau.
Elle survit à la bataille finale et poursuit son voyage.
Sœur Supérieure Helewise
Sœur Supérieure Helewise est une toute jeune commandante de l’ordre des Sœurs de Notre-Dame Martyre.
Son père était gouverneur d’un monde où une révolte a éclaté. Alors qu’il se faisait tuer, sa mère l’a emmenée au couvent des Sœurs de Bataille qui se trouvait dans la capitale.
Sœur Lanete, alors en mission sur la planète, déclare que les Sœurs de Bataille ne se mêlent pas de politique locale et refuse l’asile à la mère d’Helewise. En revanche, elle accepte de laisser Helewise devenir novice et être formée pour devenir Sœur de Bataille.
C’est le début d’une rivalité entre les deux Sœurs, qui ne se supportent pas. Elles deviennent Sœurs Supérieures dans le même couvent et font partie de la même force de combat pendant la croisade. Mais Lanete ayant été nommée avant Helewise, elle restera sa supérieure.
Helewise est plus « humaine » que sa rivale : elle parvient à être touchée par le monde qui l’entoure.
Au cours du roman, elle apprend plusieurs choses sur son passé : d’abord, que son monde d’origine est tombé sous la domination du Chaos et que son peuple est désormais forcé de se battre contre l’Imperium. Mais plus troublant encore, Sœur Dialogus Dovere lui apprend la vraie raison de la venue de Lanete sur son monde d’origine… (l’auteur oublie toutefois de nous la révéler).
Sœur Supérieure Lanete
Sœur Supérieure Lanete est l’exact opposé d’Helewise. Elle passe son temps à la rabaisser et à remettre en question sa foi et son courage.
Plus froide et distante, elle n’en demeure pas moins compatissante — même si elle le montre moins.
C’est elle qui accepte que l’ancien capitaine des Chem Dogs soit incorporé à une machine de pénitence, afin de mourir au combat plutôt que d’être exécuté d’une balle dans la tête, parce qu’il n’a plus la force de se battre.
C’est également elle qui préside la cérémonie durant laquelle Lizbet devient Repentia.
Avec Helewise, elle représente à elles deux les deux extrémités du spectre des Sœurs de Bataille.
Lord General Gnaerac
Lord General Gnaerac commande le groupe de bataille Phaedra et a reçu l’ordre de traverser la Cicatrice afin de rejoindre l’Imperium Nihilus.
Mais, comme d’habitude avec la « Maudite Cinquième », rien ne se passe comme prévu. La flotte de ravitaillement, censée réarmer et réapprovisionner le groupe de combat, a été perdue corps et biens dans le Warp — et il faudrait plusieurs années pour la remplacer.
Gnaerac, déjà à bout de nerfs et complètement paranoïaque, est persuadé que ses officiers vont le trahir, ou du moins qu’ils attendent sa chute.
La flotte ne peut pas rester sur place sans ravitaillement, et la décision la plus sûre serait de la disperser. Mais Gnaerac n’est pas prêt à abandonner son commandement. Il décide donc d’envoyer des vaisseaux en éclaireurs à travers la Cicatrice, afin qu’ils servent de balises au reste de la flotte. Et, dans un « acte de foi », il choisit de commander lui-même ces vaisseaux… En réalité, c’est aussi une façon de fuir ses responsabilités.
Ce sera son dernier échec : quelques minutes après son entrée dans le Warp, son vaisseau est broyé, puis recraché dans le Materium, totalement corrompu.
Commissaire général Oskarr Qartermayne
Il prend le commandement du groupe de bataille Phaedra à partir du moment où le Seigneur Général Gnaerac décide de partir avec son vaisseau amiral pour escorter le vaisseau des Sœurs de Bataille.
Quand le vaisseau revient dans le Materium, complètement corrompu et détruit, Qartermayne en tire — dans une logique implacable — une conclusion simple :
si Gnaerac est mort, c’est parce qu’il est parti en éclaireur sans avoir assez de foi en l’Empereur-Dieu.
Lui, Qartermayne, a la foi. Donc il lance toute la flotte d’un seul coup.
Au final, c’est pourtant le plan de Gnaerac qui fonctionne : la flotte était totalement perdue, mais le fanal provenant de Cion (Gnaerac voulait que les prières des Sœurs de Bataille servent de guide) permet à la flotte de sortir du Warp.
Après la victoire sur Cion, Qartermayne commence à organiser la reconquête des mondes à proximité.
La religion
La religion impériale est un point central du roman et, en même temps, celui qui me pose le plus de soucis.
Le fait que l’Astronomican ne traverse pas la Grande Faille est acquis depuis longtemps : on avait déjà l’exemple des tempêtes Warp, qui peuvent le bloquer. En revanche, que les Sœurs de Bataille ne ressentent pas la présence de l’Empereur dans l’Imperium Nihilus me gêne davantage. L’Empereur est censé être un dieu, donc « être dans le Warp » ; dans ce cas, ce type de phénomène ne me semble pas vraiment logique…
La deuxième chose qui me dérange est le fanatisme religieux, poussé jusqu’au ridicule par moments. Je sais que c’est une particularité de l’univers, mais j’ai vraiment du mal avec ça. L’amiral de la flotte décide de partir en avant avec le vaisseau des Sœurs de Bataille pour servir de fanal au reste de la flotte. Le vaisseau se fait détruire. Réaction du nouvel amiral : il n’a pas eu assez de foi en l’Empereur ; donc on va traverser tous d’un coup parce qu’on croit plus en l’Empereur que lui…
Que le bas peuple et les Sœurs de Bataille soient bornés et fanatisés, d’accord. Mais que des hauts commandants de l’armée ou de la flotte « passent leur cerveau sur off », ça me posera toujours problème.
Les Chem Dogs de Savlar
J’étais parti pour faire un petit résumé des personnages des Chem Dogs un à un, mais je me suis rendu compte qu’ils étaient un peu trop nombreux.
Justin D. Hill nous présente une tranche de vie d’un régiment pénitentiaire à travers différents profils : le médecin, des officiers qui sont en réalité plus des chefs de bande que de véritables officiers — prêts à se trahir les uns les autres —, mais aussi les commissaires et leurs sous-officiers, nommés « mercy ».
C’est un univers où seule la force permet de gagner le respect. Mais, en regardant bien et en faisant attention aux détails, on comprend que ce n’est pas uniquement ça : il existe aussi du respect en dehors de la force, comme pour l’ancien capitaine du régiment, qui n’est plus bon à rien mais reste respecté par tout le monde. Et la foi impériale demeure présente, même chez les pires criminels de Savlar.
Les régiments pénitentiaires sont rarement mis en avant dans la littérature de la Black Library, et je pense que Le Pèlerinage de Feu est sûrement l’un de ceux qui en parle le plus — même si ce ne sont pas les personnages principaux du roman.
Temporalité
Le roman est sorti en 2023, mais il a été écrit au moins deux ans auparavant. En 2021, Games Workshop a modifié la temporalité de la Croisade Indomitus, en réduisant la première partie de la croisade de 100 ans à moins de 14 ans (je ne reviendrai pas là-dessus dans cet article).
Or, dans le roman, les Sœurs de Bataille ont quitté Terra avec la flotte Quintus il y a 14 ans, tandis que la Grande Faille est ouverte depuis plus de 100 ans. On est donc dans l’ancienne temporalité.
Ça ne change pas grand-chose en soi, mais cela montre que GW garde certains romans « sous le coude » pendant plusieurs années avant de les publier.
Conclusion
Je suis agréablement surpris par ce roman. J’aime bien Justin D. Hill et je m’attendais à une bonne histoire, mais je pensais que ce serait une intrigue assez classique centrée sur les Sœurs de Bataille.
Même si elles tiennent le rôle principal, l’attention portée au régiment pénitentiaire des Chem Dogs permet de voir la guerre sous deux points de vue totalement opposés. À ma connaissance, c’est l’un des romans où les Chem Dogs sont le mieux représentés : on voit comment « vit » un régiment au cours d’une campagne — les complots internes, les rivalités, la drogue, leur code d’honneur particulier.
Bien sûr, au final, la foi prend le dessus sur tout, et c’est peut-être ce qui m’empêche d’apprécier totalement ce genre de roman. Même si c’est de la fiction, j’ai toujours du mal avec l’absolutisme religieux, qui finit parfois par en devenir ridicule. Je sais que ça fait partie du charme de la faction, mais ça me donne de l’urticaire…
Cela étant dit, pour un fan des Sœurs de Bataille — ou, à la limite, pour quelqu’un qui veut voir comment fonctionne un régiment de Chem Dogs — c’est une lecture que je conseille.
Pour les gens qui s’intéressent à la Croisade Indomitus aussi, même s’il y a des problèmes de temporalité… mais ça, c’est encore autre chose.